La Chine confrontée à un exode des expatriés

Après avoir accompagné pendant des années les grands groupes occidentaux à déplacer leurs cadres vers la Chine et ses promesses de marchés mirifiques, le spécialiste américain UniGroup Relocation vient de dévoiler, dans une nouvelle étude, un surprenant mouvement d’exode des expatriés étrangers installés dans les villes de la deuxième puissance économique mondiale.

Sur l’ensemble de 2014, le nombre de cadres étrangers ayant quitté la Chine a ainsi été deux fois supérieur au nombre de personnes partant s’installer dans le pays. UniGroup a vu les demandes de déménagements d’Américains vers la Chine plonger de 22% l’an dernier par rapport à 2013. Et le pays a reculé de trois places dans son classement des destinations choisies par les expatriés américains. Il occupe désormais la septième place, loin derrière le trio de tête, constitué, dans l’ordre, par le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Japon.

Pour expliquer cette nouvelle tendance, UniGroup évoque le ralentissement de la croissance chinoise ainsi que la hausse du coût de la vie et du coût du travail dans le pays, qui auraient incité de nombreuses entreprises occidentales à redéployer leurs cadres et certaines de leurs activités ailleurs en Asie, notamment à Singapour, Hongkong ou en Asie du Sud-Est. D’autres experts pointeront la pollution apocalyptique dans plusieurs grandes villes chinoises, qui désespèrent les familles, ou encore le durcissement de l’autoritarisme du régime communiste qui ne cesse d’accroître sa censure, notamment sur Internet.

Si l’étude d’UniGroup indique clairement un changement d’attitude des multinationales à l’égard du marché chinois réputé de plus en plus difficile, elle ne couvre, pour l’essentiel, que les mouvements des employés des grands groupes occidentaux et ne donne pas d’indication sur l’attitude des travailleurs indépendants allant toujours tenter leurs chances dans le pays depuis l’Europe, l’Amérique ou le reste de l’Asie. Les mouvements de cette population étant plus difficiles à traquer.

Une amende de près de 1 milliard de dollars pour Qualcomm en Chine

Après avoir été invitées à investir massivement en Chine dans les années 1990 et 2000, nombre de grandes multinationales occidentales se heurtent à une nouvelle sévérité des autorités de Pékin qui les accusent dorénavant d’avoir abusé de leur taille sur certains marchés pour violer les règles sur la concurrence. A l’issue d’un bras de fer de plus d’un an, le fabricant américain de semi-conducteurs Qualcomm vient ainsi d’annoncer qu’il avait dû accepter, pour ne pas perdre ses positions dans le pays, de payer une amende record de 975 millions de dollars à des institutions chinoises.

Ces derniers jours, des dirigeants du groupe négociaient à Pékin avec les responsables de la Commission nationale pour le développement et la réforme (CNDR) qui lui reprochaient, depuis 14 mois, d’avoir imposé aux acteurs locaux de la téléphonie mobile des tarifs anormalement élevés sur un bouquet de licences d’utilisation de plusieurs de ses brevets. Le géant américain ne vend, en effet, pas seulement des puces à la plupart des grands fabricants de smartphones et de tablettes de la planète mais contraint aussi ses clients à lui payer ensuite régulièrement d’importantes redevances pour utiliser les technologies embarquées dans les semi-conducteurs de chaque appareil.

D’importantes redevances sont ainsi collectées sur les téléphones équipés de puces Qualcomm offrant la 4G. C’est cette pratique, dénoncée par plusieurs fabricants chinois, qui agaçait Pékin.

Désormais, Qualcomm, qui réalise près de la moitié de son chiffre d’affaires global en Chine, va modifier certaines de ses pratiques commerciales dans le pays, concernant notamment l’octroi de licences d’utilisation pour ses brevets de téléphonie mobile. Certaines de ces licences essentielles, autrefois imposées en bloc, pourront être acquises séparément d’autres licences du groupe. Qualcomm a aussi accepté de ne plus conditionner ses ventes de certaines puces à la signature d’un accord de licences dont les conditions seraient jugées «déraisonnables» par la NDRC.

Si le groupe s’est déclaré «déçu» par la taille de l’amende qui lui est imposée, il a expliqué qu’il était soulagé qu’une issue soit finalement trouvé à ce différend qui inquiétait ses actionnaires. «Cela supprime une source importante d’incertitude pour notre entreprise et nous permet de réellement participer pleinement à la croissance du marché sans fil en Chine», a expliqué à Reuters le directeur général de Qualcomm Steve Mollenkopf. «Nous sommes heureux d’en avoir fini.»

Le patron des services secrets sud-coréen en prison

A l’issue d’une longue saga judiciaire, la Haute Cour de Séoul a décidé, lundi, de condamner à une peine de trois ans de prison ferme l’ancien patron des services secrets sud-coréens, accusé d’avoir cherché à peser sur l’élection présidentielle de 2012, emportée, alors, par l’actuelle présidente Park Geun-hye.

Dirigeant de 2009 à 2013 le puissant «National Intelligence Service» (NIS), Won Sei-hoon avait délibérément laissé des membres des services secrets organiser, sur Internet, une campagne de diffamation contre l’homme politique qui faisait, avant le scrutin de 2012, figure de principal opposant à la candidate conservatrice Park Geun-hye.

Des employés du NIS avaient ainsi déjà été reconnus coupables d’avoir posté près de 780 000 messages sur des forums en ligne et des réseaux sociaux comme Twitter à l’approche de l’échéance électorale. «On peut dire que Won est intervenu dans l’élection en négligeant ces activités», a expliqué, hier, le juge Kim Sang-hwan à l’annonce du verdict.