L’an dernier, au cœur de la crise et alors que Barack Obama prenait ses fonctions, le premier ministre Wen Jiabao n’avait pas hésité à souligner durement la responsabilité américaine dans le déclenchement du tsunami financier.

Rien de tel aujourd’hui. Li Keqiang a même annoncé que la Chine était prête à adopter une politique monétaire «plus flexible» en fonction des «circonstances», répondant de manière partielle au vœu pressant de Washington. «Nous allons maintenir la continuité et la stabilité de nos politiques macroéconomiques, continuer à suivre une politique budgétaire volontariste et une politique monétaire modérément souple et rendre ces politiques mieux ciblées et plus flexibles pour répondre à de nouvelles circonstances», a-t-il déclaré.

Vantant son rôle moteur dans la sortie de crise qui s’amorce, Li Keqiang, pressenti pour être le prochain premier ministre, n’a pas évoqué directement un assouplissement du contrôle des changes actuel mais ouvre la porte à une évolution. La politique chinoise, qui consiste à maintenir un niveau très bas du yuan afin de faciliter les exportations, a été critiquée à plusieurs reprises à Davos, le président Sarkozy ayant même parlé de «manipulations monétaires».

L’an dernier toujours, Wen Jiabao avait rencontré un large scepticisme en promettant un taux de croissance chinois de 8%. Avec 8,7% au compteur, Pékin peut triompher, d’autant plus que cette croissance a été fortement alimentée par la demande et les investissements intérieurs.

Mais Li Keqiang a insisté sur le tournant économique majeur amorcé par son pays. «Nous devons modifier nos anciennes méthodes qui ont généré une croissance inefficace, trop dépendante des investissements étrangers et des exportations.» L’accent sera désormais mis sur la stimulation de la demande intérieure, afin d’exploiter «son énorme gisement de croissance».