Conjoncture

La Chine décélère, mais se rééquilibre

Le PIB chinois n’a progressé que de 7% au premier trimestre

L’économie chinoise décélère, mais se rééquilibre

Conjoncture Le PIB n’a progressé que de 7% au premier trimestre de cette année

A priori tout est noir. Mercredi, la Chine a annoncé que son produit intérieur brut (PIB) n’avait progressé que de 7% au premier trimestre par rapport à l’an dernier. Il s’agit du plus mauvais résultat depuis la crise financière mondiale de 2008-2009, lorsque le taux de croissance avait fléchi à 6,8%. En trois mois, le PIB atteint 14 067 milliards de yuans (2240 milliards de francs).

Moteurs de la croissance depuis une génération, les investissements n’ont augmenté que de 13,5% (la plus faible hausse en quatorze ans) en mars, contre 13,9% en janvier et février. La production industrielle de la deuxième économie mondiale a elle aussi décéléré, ne progressant que de 5,6%, comme en 2009, contre 6,9% attendus.

Un ralentissement toujours plus rapide

Autre pilier de l’économie, l’immobilier a lui aussi produit des chiffres qui témoignent du ralentissement toujours plus rapide de la croissance chinoise. Malgré les mesures prises par le gouvernement pour soutenir la construction et malgré l’appui de la banque centrale, qui a réduit à deux reprises ses taux directeurs depuis novembre, les investissements dans la pierre n’ont crû que de 8,5% le mois dernier, contre 10,4% en janvier et février.

Enfin, les ventes de détail, bien qu’en hausse de 10,2%, ont le moins progressé en neuf ans. Après une croissance de 7,4% en 2014, le plus bas chiffre en vingt-cinq ans, le PIB chinois risque de manquer l’objectif de 7% fixé pour cette année par Pékin. Credit Suisse s’attend au mieux à 6,8%.

Dimanche, le premier ministre Li Keqiang a pressé les provinces du nord-est du pays de prendre des mesures pour atteindre leur objectif de croissance. Cette région industrielle, aussi appelée «ceinture de la rouille», connaît le plus fort taux de surcapacité de production et enregistre la plus mauvaise performance économique du pays.

3,2 millions de nouveaux emplois

Pékin veut pourtant croire que le rééquilibrage de son économie vers moins d’exportation et plus de consommation et de services est en cours, et que l’atterrissage en catastrophe sera évité. Il y a un an, l’agriculture et l’industrie comptaient encore pour plus de la moitié du PIB. Cette année, le secteur tertiaire pèse 51,6% de la richesse produite (49,8% en 2014). Le porte-parole de l’Office des statistiques (NBS) a déclaré hier que «le pays a continué à mener les réformes structurelles». Ces réformes, qui visent aussi à rendre la croissance plus soutenable, peuvent elles-mêmes provoquer ce ralentissement. Quatre grandes centrales à charbon près de Pékin, où la pollution est plus élevée que dans le reste du pays, doivent par exemple être fermées d’ici à l’an prochain.

Par ailleurs, le NBS a relevé que malgré son ralentissement, l’économie chinoise est parvenue à créer 3,2 millions nouveaux emplois dans les régions urbaines du pays au cours des trois premiers mois. L’objectif de 10 millions de nouvelles places de travail pour l’année, nécessaire pour contenir la détérioration du marché du travail, est donc jugé encore réalisable. Le NBS a aussi diffusé une étude indiquant que le taux de chômage s’est stabilisé à 5,1%. Avec les réformes en cours, «il serait normal que l’emploi se trouve sous pression dans certaines régions, a convenu son porte-parole. Nous ne devons pas baisser notre garde.»

Le NBS a souligné que le revenu disponible par habitant a progressé de 9,4% sur un an, à 6087 yuans (près de 1000 francs). Enfin, la stabilité des prix (inflation de 1,2% au premier trimestre) protège le pouvoir d’achat.

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