Les autorités de la capitale du Hebei ont confessé mercredi avoir eu connaissance de la présence de mélamine dans le lait dès le 2 août par la société Sanlu elle-même. A quelques jours de l'entame des Jeux olympiques, elles ont pourtant choisi de ne pas prévenir la direction nationale, mais d'envoyer les patients à l'hôpital, et de pousser Sanlu à acquérir de meilleures machines de contrôle et à rappeler les produits déjà vendus. Malgré cette tentative de blanchiment du producteur laitier, les parents d'un jeune garçon d'un an ont attaqué Sanlu auprès d'une cour de justice de leur province du Henan.

De leur côté, les entreprises étrangères de l'agroalimentaire produisant en Chine revoient leur système d'approvisionnement. «Afin de rassurer ses consommateurs sur la sécurité de ses produits, Heinz a pris la décision stratégique de changer notre approvisionnement de lait en Chine et à Hongkong vers des sources non chinoises. Et nous testons tous nos produits laitiers à la recherche de mélamine avant leur utilisation dans nos usines», a expliqué la porte-parole de la société américaine.

Le fabricant de chocolat Cadbury a également enlevé des étalages de Taïwan, de Hongkong et d'Australie onze des produits sortis de son usine de Pékin «après que des tests préliminaires aient porté le doute sur l'intégrité d'une série de nos produits fabriqués en Chine». Si le groupe envoie des employés dans toutes ses usines pour superviser leurs opérations, il comptait jusqu'alors sur ses fournisseurs pour réaliser leurs propres tests. Et, même si le centre pour la sécurité alimentaire de Hongkong a assuré que les tests réalisés sur les produits Cadbury n'avaient pas relevé de niveau de mélamine sensible, la société australienne semble vouloir éviter tout risque et revoir aussi son système d'approvisionnement.

Pas de produits frelatés chez Nestlé

Nestlé, qui détient un peu moins de 4% du marché de l'alimentaire infantile chinois, refuse en revanche de céder à la panique et nie avoir des produits frelatés. «En Chine, nous n'achetons pas de lait en poudre, uniquement du lait frais», assure Robin Tickle, le porte-parole de l'entreprise. «Huit cents des agronomes qui travaillent pour nous dans le monde se rendent chez nos producteurs, en plus de nombreux vétérinaires. Nous savons d'où vient notre lait et nous ne retirerons donc pas nos produits de la vente. De plus, notre système de contrôle qualité est aussi rigoureux qu'en Suisse. Nous réalisons 70 tests différents entre la réception et l'envoi du lait. Nous ne faisons des tests sur la mélamine que depuis le 14 septembre, car généralement chacun ne cherche que des produits susceptibles d'être dans nos produits et personne n'imaginait pouvoir trouver de la mélamine dans la nourriture. Et depuis le 14, aucune trace de mélamine au-delà des limites autorisées n'a été découverte.»

Plus sévère qu'en Europe

Selon le représentant de l'entreprise, les critères chinois et hongkongais en la matière sont extrêmement sévères: le taux maximal de particules de mélamine autorisé y est limité à 2 parties par million (ppm) contre 30 ppm en Europe, la mélamine étant présente à l'état de trace tout au long de la chaîne alimentaire.