Construction

La Chine fête sa plus grosse entrée en bourse de l’année

State Construction Engineering a levé 7,86 milliards de francs. La société profite de la reprise des IPO à Shanghai. Une trentaine d’autres sociétés entendent suivre sa voie

Les affaires sérieuses reprennent à la bourse de Shanghai! China State Construction Engineering Corp., dont les opérations intègrent la construction de logements et d’infrastructure et le développement immobilier, a annoncé avoir levé 50,16 milliards de yuans, soit 7,86 milliards de francs. La société a ainsi réalisé la plus importante introduction en bourse mondiale de cette année, un titre honorifique jusqu’alors détenu depuis le 25 juin par VisaNet, la filiale brésilienne de Visa avec une rentrée de 4,04 milliards de francs.

Les autorités chinoises sont revenues au début du mois de juin sur l’interdiction de lancer des introductions publiques d’achat sur les places de Shanghai et de Shenzhen, une mesure introduite en septembre dernier suite à l’effondrement des marchés. En effet, depuis le 1er janvier et les 1820,81 points enregistrés alors, l’indice composite de la bourse de Shanghai a bondi de 85%. Il retrouve actuellement les niveaux connus durant le début de l’année 2007 (autour de 3400 points) mais reste pour le moment loin du sommet du 16 octobre 2007 et de ses 6124 points.

Cette tendance paraît cependant largement favorisée par la spéculation. Les grands groupes étatiques ont accaparé la presque intégralité des 7367 milliards de yuans (1155 milliards de francs) de crédits accordés lors du premier semestre par les banques nationales. Selon les cris d’alarme lancés par de nombreux économistes dès le mois de février, ils auraient injecté une quantité importante de cette somme dans les marchés boursiers et immobiliers, ce qui expliquerait en grande partie leur renouveau actuel. Aujourd’hui, même si l’économie chinoise confirme depuis trois mois son rebond, les performances boursières de Shanghai et de Shenzhen et la hausse des tarifs immobiliers apparaissent en effet totalement découplées de l’économie réelle.

La poule aux œufs d’or

Les entreprises chinoises ne se privent pourtant pas de se ruer sur cette poule aux œufs d’or. Les IPO ont débuté au début du mois à la bourse de Shenzhen. L’entreprise pharmaceutique Guilin Sanjin a levé 910,8 millions de yuans (142,7 millions de francs), soit 44 fois plus que prévu grâce à une souscription 584 fois supérieure à son offre initiale. Zhejiang Wanma Cable a, lui, levé 575 millions de yuans. Pour preuve de la folie qui entoure les marchés chinois, les actions de ces deux sociétés, proposées respectivement à 33 fois et 31 fois leurs gains annuels (contre une moyenne de 25 fois sur les marchés chinois), ont clôturé en hausse de respectivement 95% et 64% le jour de leur entrée en bourse. En dehors de CCE, une trentaine de sociétés ont obtenu l’autorisation de lever de l’argent dans l’une des deux bourses chinoises. Parmi les premiers servis, le distributeur Your-Mart escompte lever en juillet 500 millions de yuans, Sichuan Expressway Co au moins 1,4 milliard en septembre. Les médias nationaux prévoient un total d’introductions de 100 milliards de yuans au cours des prochains mois.

Début 2010, un nouveau phénomène pourrait se concrétiser: la cotation à la bourse de Shanghai de sociétés non chinoises. La banque britannique HSBC aurait répondu à l’appel en ce sens lancé au début du mois par le Ministère chinois du commerce et elle aurait entamé le processus de son introduction à la bourse de Shanghai. Les analystes estiment que l’institution financière pourrait lever au moins 3 milliards et demi de francs.

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