La Chine freine et toute la planète des matières premières plonge

Conjoncture Pékin voit sa croissance passer à 7,7% par an

Le pétrole tombe à 100 dollars le baril

Déroute sur l’or, qui perd 10% en un jour

La même cause, les mêmes effets. L’annonce, lundi, par la Chine, d’une activité moins dynamique qu’attendu, a provoqué une dépréciation de l’ensemble des matières premières. Quelle que soit la logique – production, rareté, stocks – gouvernant chacun de ces produits, la rareté de tous a été dictée hier par le rythme auquel tournent les usines de la deuxième économie mondiale.

La Chine est la première acheteuse de minerais et de métaux industriels au monde. Et le coup de frein connu par son économie – sa vitesse d’expansion est de 7,7% par an au début de l’année, contre un rythme de 7,9% au cours des trois mois de l’automne – est amplifié par le fait que le ralentissement provient aussi bien de la production industrielle que de la consommation intérieure.

Reflétant la valeur moyenne de 24 produits de base, l’indice S&P GSCI a décroché de plus de 2% lundi après-midi pour effacer toute progression enregistrée ces huit derniers mois. Hier, sur la place d’échange des métaux industriels londonienne – le LME – aussi bien l’aluminium que le nickel, l’étain, le plomb ou le zinc ont rejoint leur plus bas depuis le début de l’année. Le cuivre, en baisse de 3,6%, a vu son cours revenir dix-huit mois en arrière. «Les matières premières réagissent bien plus durement que les marchés boursiers, elles jouent un peu le rôle du canari en cage des mines de charbon», réagit Michael Fitzpatrick, expert au sein du groupe Kilduff à New York.

Le pétrole fait les frais de ces ombres chinoises. A New York, le prix du baril a très rapidement décliné de plus de 3% pour passer sous la barre des 90 dollars et toucher son plus bas de l’année. La République populaire est le deuxième plus important acheteur de brut au monde. «Les statistiques chinoises ne sont pas affreuses, la réaction du marché semble d’autant plus disproportionnée que sur le front de la demande de brut, les raffineries du pays en distillent 5,5% de plus que l’an dernier», relate Michael Fitzpatrick. A Londres, hier soir, le baril de Brent était de son côté prêt à passer sous le plancher des 100 dollars.

Paradoxalement, le plongeon d’une autre matière première, l’or, est peut-être la meilleure preuve que l’économie mondiale n’est pas au bord de l’arrêt. Vu autrement, cette panique aurifère montre que le plongeon des matières premières d’hier n’est pas uniquement lié à la soudaine crainte que la Chine aille mal. Indicateur du prix de la peur, le métal jaune a connu une véritable déroute, lundi: son cours s’est effondré de 10% en quelques heures, passant sous les 1400 dollars l’once. Du jamais-vu depuis 1980.

«Les statistiques ne sont pas affreuses et la réaction du marché pétrolier paraît disproportionnée»