«La Chine n’est pas adaptée à notre modèle d’affaires»

Web Doodle mise sur le marché lusophone

Le Temps: Pouvez-vous préciser votre nouvelle politique marketing?

Michael Brecht: Par le passé, pour des raisons de restrictions budgétaires en tant que jeune pousse, notre croissance a été basée sur le marketing viral. En Suisse, sur une base de 12 utilisateurs, le bouche-à-oreille seul génère l’adoption de notre application par une dizaine de personnes supplémentaires. A présent, nous souhaitons renforcer ce canal en investissant dans la publicité et des alliances ciblées.

– Vos activités depuis Berlin sont-elles déjà effectives et quel budget comptez-vous allouer à vos initiatives de communication?

Nous avons prévu d’investir en 2015 un montant à sept chiffres pour la promotion de notre marque. Notre site berlinois sera opérationnel en janvier. Avec pour objectif d’y concentrer à terme les activités marketing, de développement et de service après-vente.

– Que restera-t-il en Suisse, suite à l’ouverture de ce nouveau centre névralgique?

– Le cœur de nos équipes d’ingénieurs demeurera à Zurich, en raison de la proximité avec les écoles universitaires. Tout comme notre siège opérationnel. L’acquisition d’autres acteurs numériques par Tamedia et les infrastructures existantes dont ce groupe dispose vont favoriser les synergies et assurer l’intégration de nos besoins en recrutement, de planification financière et de gestion comptable.

– Envisagez-vous de recruter davantage de collaborateurs ou d’inaugurer d’autres locaux à l’étranger?

– L’avantage pour une entité active en ligne, c’est de pouvoir faire largement appel à des prestataires externes. Nous employons actuellement une vingtaine de salariés et n’envisageons pas d’en engager davantage. Pas plus que nous souhaitons, pour l’instant, étendre notre présence hors de Suisse et d’Allemagne.

– La Chine vous paraît-elle un débouché intéressant?

Ce marché n’est pas encore adapté à notre modèle d’affaires. Son approche exigerait une réflexion commerciale de fond, soit un changement de nom de produit, pour une intégration sur mesure de notre offre qui n’est pas mécaniquement transposable dans un contexte asiatique. Doodle reste un outil de planification de rendez-vous participatif et ouvert. Il est des pays où, pour des raisons culturelles, l’organisation du temps répond à d’autres règles. Les réunions de travail par exemple sont plus souvent imposées par le haut. C’est pourquoi il faut nous concentrer d’abord sur nos marchés récents, espagnol et portugais, dont le potentiel de croissance s’avère colossal. Nous sommes en outre bien implantés en Suisse et en Allemagne, où nous jouissons d’une position dominante. Sur un marché helvétique proche de la saturation, mais dont la rentabilité est parmi les plus élevées au monde, nous dénombrons deux millions d’utilisateurs chaque mois. Alors qu’en Allemagne, avec cinq millions d’usagers mensuels pour une population de 80 millions d’individus, notre marge de progression est encore considérable.

– Combien coûte la version premium de Doodle?

– Le tarif de base est de 39 francs par an et par utilisateur. Mais les prix sont dégressifs selon la taille de la licence achetée, elle-même fonction du nombre de salariés qui utilisent l’outil.

– Quelles évolutions d’offre préparez-vous?

– Mis à part le lancement d’une nouvelle application iOS et Android en 2015, nous allons notamment nouer un partenariat avec la société française Leetchi, spécialisée dans la collecte d’argent pour des anniversaires. Le mariage de nos modèles d’affaires apporte une valeur ajoutée intéressante.

– A quel point la protection des données de vos clients est-elle garantie?

– La sécurité, dans laquelle nous investissons plusieurs millions chaque année avec Tamedia, est un élément fondamental de notre activité. Nos serveurs, leur gestion et les mécanismes de prévention de crises sont établis en Suisse.