Transport

La Chine lève un obstacle crucial sur la route de la soie

La Chine vient de ratifier la convention de l’ONU sur les transports internationaux routiers. Ce système de garantie permettra de gagner plusieurs jours sur la nouvelle route de la soie

Dès le mois de janvier prochain, les camions de marchandises circuleront plus facilement entre la Chine et l’Europe. Pékin vient en effet de ratifier la convention TIR, a annoncé mardi l’ONU. Visible à l’arrière des poids lourds, l’acronyme signifie Transports internationaux routiers. Ce système de garantie consiste à sceller les cargaisons au départ en minimisant les attentes aux frontières. La convention compte désormais 70 pays membres, en grande majorité dans l’hémisphère nord.

«Nous espérons ainsi un gain de temps de trois à quatre jours pour le trajet entre la Chine et l’Europe», estime John Kidd, porte-parole de l’Union internationale des transports routiers (IRU), basée à Genève. Cette organisation vend les carnets TIR aux associations routières des pays membres. Les voisins de la Chine – la Russie, la Mongolie, le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan – font déjà partie de la convention TIR.

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Il faut actuellement entre 12 et 17 jours pour faire la route entre la Chine et l’Europe. A titre de comparaison, un mois est nécessaire pour acheminer les containers par bateau depuis le port de Shanghai jusqu’à celui de Rotterdam, aux Pays-Bas. En 2015, le commerce entre la Chine et l’Union européenne a atteint 520 milliards d’euros. Environ 60% de ces échanges se faisaient toutefois par voie maritime. Le transport routier et ferroviaire ne représentait que 10% des exportations chinoises vers l’UE.

Depuis quelques années, le gouvernement chinois a entrepris de ressusciter l’ancienne route de la soie, afin de désengorger la voie maritime. La Chine construit des autoroutes vers ses frontières du nord-ouest. Au-delà, plusieurs options sont envisagées: par l’Asie centrale et la Russie ou, plus au Sud, par l’Iran et la Turquie. Dans tous les cas, des investissements gigantesques seront nécessaires. «L’adhésion de la Chine à la Convention TIR peut vraiment changer les règles du jeu du commerce international», analyse Christian Friis Bach, le secrétaire général de la Commission économique des Nations unies pour l’Europe.

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La Chine n’a pas été dissuadée par les remous secouant l’IRU. Le mandat de cette organisation qui administre le système TIR avait été renouvelé en février 2016 jusqu’en 2019. Deux mois plus tard, un cadre de l’IRU, qui venait d’être licencié, déposait une plainte pénale contre les dirigeants de l’IRU. Il les accuse de dissimuler des centaines de millions de francs aux organisations routières par le biais de sociétés basées dans des paradis fiscaux. L’IRU a commandé un audit à la société Ernst & Young. Ses conclusions sont attendues pour le mois de septembre.

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