Opération séduction de la Chine méridionale à Genève

Commerce Une cinquantaine de leadersde Guangzhou sont venus parler affaires

La démarche visait surtout à «consolider les liens existants», dans la foulée de l’entrée en vigueur en juillet de l’accord bilatéral entre Berne et Pékin, du 40e anniversaire de l’ambassade suisse en Chine et de la prochaine commémoration des 65 ans de relations diplomatiques entre les deux pays. Mercredi, les membres les plus influents du CCPIT de Guangzhou, ou Conseil de promotion du commerce international de Canton – troisième plus importante ville de Chine après Pékin et Shanghai –, ont invité les entreprises genevoises présentes à conclure des contrats de coopération technique ou d’investissements avec leurs homologues de la «mégalopole du delta de la rivière des Perles».

La rencontre, co-organisée par la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG), a réuni l’espace d’une matinée plus d’une centaine de participants. «Ce forum regroupe une quarantaine de multinationales chinoises, représentant plusieurs dizaines de milliards de dollars de capitalisation, et une cinquantaine de décideurs. Nous sommes ici pour établir des relations commerciales fructueuses et prospères», résume Kaizhang Zeng, président du CCPIT de Guangzhou et chef de la délégation chinoise.

A quoi ressemblent les entités commerciales chinoises en quête de partenaires helvétiques? Premier exemple: Guangzhou Light Industry & Trade Group, mastodonte du secteur des biens de consommation, produisant des lampes torche, de l’électroménager, des instruments de musique, du textile et des parfums, en passant par de la nourriture. L’entité cogère avec Nestlé la plus grosse usine de glaces d’Asie.

«Nous faisons partie des 500 plus grandes entreprises de Chine, et avons généré en 2013 six milliards de dollars de chiffre d’affaires», indique Shoubin Hu, vice-président et directeur général de la multinationale, qui fournit notamment Coca-Cola, Procter & Gamble ou Firmenich en matières premières ou produits semi-finis, et qui vise une croissance de 25% par an.

Autres exemples: Guangzhou Lingnan International Enterprise Group (2 milliards de dollars de ventes, pour une croissance annuelle de 20%) ou Guangzhou Radio Group, leaders respectivement dans le tourisme-restauration-congrès et la haute technologie. Cette dernière société intéresse George McKarris. «Même si j’ai déjà eu des contacts avec d’autres groupes chinois d’envergure, je vais quand même tenter une approche», relève le fondateur de la start-up genevoise CleanFizz, active dans les technologies durables.

Concentré de multinationales

Les opportunités à saisir étaient nombreuses. A l’instar de Invest­Glass, autre start-up basée à Plan-les-Ouates et spécialisée dans l’information financière. «Nous avons déjà identifié une ouverture du côté de la Bank of Guangzhou», se félicite son fondateur, Alexandre Gaillard.

Guangzhou, ou Canton, abrite environ 15 millions d’habitants. Elle affichait en 2013 un PIB de 226,7 milliards de dollars, dont plus de 61% proviennent de la vente de services. «Notre port est classé au 4e rang mondial en termes de volume de fret», précise Kaizhang Zeng. Plus de 230 des 500 plus importantes multinationales du monde y sont établies. La cité accueille environ 10 000 sociétés étrangères.

«La Suisse, avec ses 255 millions de capital investis sur place, est un partenaire commercial majeur», souligne celui qui, l’an passé, était déjà de passage à Zurich pour une première opération séduction en terres helvétiques.