La Chine continue d’offrir le meilleur profil risque-rendement des principaux marchés d’Asie. Ce pays a été le premier à connaître un pic d’inflation et bénéficie de l’un des équilibres budgétaires les plus solides au monde. Les actions H ont déjà doublé (au 20 mai 2009) par rapport à leur plus bas, sous l’impulsion d’importantes mesures de relance budgétaires et de l’assouplissement de la politique monétaire.

Le nombre et l’ampleur des mesures prises par les autorités chinoises afin de stimuler l’économie témoignent des capacités dont le pays dispose pour financer et soutenir la relance de l’activité nationale: depuis septembre dernier, la Banque Populaire de Chine a abaissé à plusieurs reprises son taux de référence sur les prêts à un an, le ramenant de 7,5% à 5,3%. Début 2008, la Chine affichait une forte inflation et des taux d’intérêt élevés, les autorités monétaires ont donc une marge de manœuvre considérable pour réduire les taux.

Les autorités ont également annoncé que CIC – le fonds souverain chinois, adossé aux réserves de change de USD 1800 milliards dont dispose le pays – allait acquérir des titres des plus grandes banques chinoises sur le marché des actions A, dont les droits de timbre sur les transactions ont été diminués de moitié. Le marché des actions A devrait donc continuer de bénéficier de flux positifs, qui profiteront également aux actions H.

Autre nouvelle d’importance: le Conseil d’Etat chinois a annoncé, le 9 novembre 2008, un plan de relance budgétaire de USD 580 milliards, soit l’équivalent de 15% du PIB sur deux ans.

La Chine reste la mieux placée pour gérer la croissance et a été la première à afficher des signes de reprise. Elle dispose d’un solide excédent budgétaire (1,5% du PIB en 2008). Par ailleurs, le ratio dette publique/PIB est de 15% (contre 60 à 70% pour la plupart des autres pays du monde) et ses réserves de change se montent désormais à 45% du PIB (soit près de USD 2000 milliards).

Le PIB chinois a progressé de 6,1%, en glissement annuel, au premier trimestre 2009 (contre 6,8% au trimestre précédent). La croissance des prêts bancaires est restée robuste en mars, avec un niveau record, portant le total du premier trimestre à RMB 4580 milliards, montant correspondant à 90% des prévisions du gouvernement pour l’ensemble de l’exercice.

Nous sommes persuadés que les effets positifs du plan de relance annoncé en novembre continueront de se manifester au deuxième semestre 2009. Les conclusions de la récente session du Congrès national du Peuple indiquent que ces mesures devraient suffire à engendrer une croissance de 8% du PIB, rendant non nécessaire la mise en place d’un nouveau plan d’envergure dans l’immédiat. Nous tablons néanmoins sur de nouvelles mesures destinées à stimuler la demande intérieure, réduire le taux d’épargne et encourager la consommation, notamment par le renforcement de la protection sociale et la réforme du système de santé.

Cette reprise de l’économie chinoise suscite des opportunités, notamment dans les secteurs cycliques et celui des matières premières (minerai de fer, transport maritime, acier etc.), comme en témoigne l’évolution du cours des actions concernées entre mars et avril 2009.

Cette politique de relance axée sur la demande intérieure nous incite à penser que les actions ­domestiques chinoises (actions A) et celles cotées à Hongkong (actions H, red chips) seront les premières bénéficiaires de la reprise. Compte tenu de sa proximité et des liens commerciaux existants, nous sommes convaincus que Hongkong tirera également les fruits du redémarrage de l’économie chinoise et sommes donc optimistes quant aux perspectives de la bourse de la péninsule.

Nous continuons par ailleurs de penser que les autorités chinoises mettront en œuvre des mesures en faveur de l’immobilier. Les facteurs qui sous-tendent les transactions immobilières des ménages chinois (dont l’épargne s’élève à plus de 3000 milliards USD et dont l’endettement est faible) tiennent davantage à la confiance qu’à l’accessibilité économique. L’immobilier chinois est dès lors l’un de nos secteurs favoris. Les banques chinoises retiennent également notre attention, vu la solide croissance des prêts et le niveau raisonnable des valorisations.

*Spécialiste produits Asie-Pacifique, J.P. Morgan Asset Management.