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Le président américain Trump cherche des victoires politiques et économiques avant les élections de mi-mandat de novembre, selon Sami Chaar, chef économiste de la banque Lombard Odier.
© NICHOLAS KAMM/AFP

Guerre commerciale

La Chine n’a pas encore plié face à Donald Trump

Les bourses chinoises dégringolent. Le yuan se déprécie. Un ralentissement est annoncé pour les prochains trimestres. Mais selon des analystes, les mauvaises nouvelles chinoises ne sont pas, à ce stade, liées au bras de fer avec les Etats-Unis

La Chine montre-t-elle les premiers signes de faiblesse dans la guerre commerciale avec les Etats-Unis? La question n’est pas superflue: la monnaie chinoise a cédé 6% de sa valeur depuis le début de l’année. Les bourses ont aussi dévissé; Shanghai a cédé 15%, Shenzhen 20% et Hongkong 9%. Les actions de plusieurs grandes entreprises telles Xiaomi (téléphonie), China Literature (multimédia), China Tower (immobilier) ou encore Tencent (internet) ont fortement chuté ces dernières semaines. Parfois même en dessous de leur niveau d’entrée en bourse.

Lire aussi: Chine – Etats-Unis: l’escalade

Autre signe qui ne trompe pas: pour la première fois depuis le début des hostilités sino-américaines, le Global Times, journal en ligne et porte-voix du Parti communiste chinois, a publié vendredi une analyse qui sonne comme un aveu de faiblesse. Sous le titre «L’économie chinoise est gérable malgré les pressions», son auteur se veut défiant. «Le pays traverse une période difficile, mais les prévisions de tristesse et de désolation ne se réaliseront pas», écrit-il en substance. Quelques jours auparavant, le New York Times anticipait une fuite massive des capitaux de la Chine.

Pas d’effet avant l’automne

Prakash Sakpal, économiste pour l’Asie à la banque ING de Singapour, refuse de dresser un bilan de la crise entre les deux puissances. Selon lui, il est prématuré d’affirmer que la Chine est en passe de perdre la guerre commerciale face aux Etats-Unis. «On a certes observé le mois dernier une baisse des exportations aux Etats-Unis de 2,2%, sur un mois, relève-t-il. Nous l’attribuons plutôt à un effet saisonnier, juillet étant le mois le moins actif de l’année.»

L’économiste de la banque ING rappelle que les droits de douane punitifs américains imposés sur les produits chinois d’une valeur de 34 milliards de dollars sont entrés en vigueur seulement le 6 juillet dernier. «Cette mesure sera étendue la semaine prochaine aux importations d’une valeur de 16 milliards, poursuit-il. Son effet ne se déploiera pas avant cet automne.»

«Guerre commerciale? Quelle guerre commerciale?»

En ce qui concerne la dépréciation du yuan, Prakash Sakpal relativise. «Un yuan plus faible est bon pour les exportateurs chinois, fait-il remarquer. Aux Etats-Unis, il compense la surtaxe de 25% sur les produits chinois.» Il ajoute toutefois qu’une monnaie faible peut parfois se retourner contre l’économie d’un pays dans la mesure où elle pourrait attirer des investissements dans des secteurs ayant déjà des capacités excessives.

Lire également: Les marchés saluent la baisse des tensions

«Guerre commerciale? Quelle guerre commerciale?» s’exclame Samy Chaar, chef économiste à la banque Lombard Odier à Genève. Selon lui, on devrait plutôt parler de renégociation d’accords commerciaux entre la Chine et les Etats-Unis, si possible en faveur de ces derniers. «Le président américain Donald Trump se sert des menaces pour obtenir des avantages, commente-t-il. C’est la technique qu’il a utilisée vis-à-vis de l’Union européenne, qui a fini par accepter d’acheter du soja et du gaz liquéfié américains.» Selon l’économiste genevois, Donald Trump a surtout besoin de victoires économiques et politiques avant les élections de mi-mandat de novembre.

Samy Chaar relativise aussi le ralentissement annoncé de la croissance chinoise aux troisième et quatrième trimestres prochains. «Il n’est pas lié aux droits de douane sur des marchandises d’une valeur de 34 milliards de dollars, ce qui est minime par rapport à l’ensemble des échanges. Un ralentissement contrôlé et programmé arrange les autorités chinoises, qui veulent éviter une surchauffe de l’économie.» Et d’ajouter: «La Chine et les Etats-Unis entreront en guerre ouverte lorsque toutes les négociations auront échoué. On n’y est pas puisque des négociateurs chinois doivent rencontrer leurs homologues américains la semaine prochaine.»


Les fournisseurs de jeux vidéo sur les nerfs

La Chine a cessé depuis trois mois de délivrer des permis de commercialisation à de nouveaux titres de jeux vidéo, des médias affirmant mercredi qu’une réorganisation administrative avait provoqué cette paralysie sur le premier marché mondial.

La liste, publiée sur internet, des jeux vidéo approuvés par l’Agence nationale de radio et de télévision montre qu’aucun nouveau titre n’a obtenu de feu vert depuis mai, alors que cette liste est normalement actualisée régulièrement.

De quoi assombrir les perspectives de Tencent, géant chinois de l’internet et des jeux sur mobile, qui a récemment annoncé avoir été sommé de retirer son produit phare «Monster Hunter: World» de la vente quelques jours seulement après son lancement.

(AFP)

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