La Chine veut entrouvrir encore un peu plus la porte de sa bourse aux investisseurs étrangers. C’est ce que des autorités ont annoncé dimanche en marge du 18e Congrès national du Parti communiste chinois (PCC).

Les investisseurs institutionnels étrangers qualifiés (QFII) verront leur limite de prise de participation être relevée, a déclaré dimanche Guo Shuqing, président de la Commission de contrôle boursier de Chine. Augmenté de 30 à 80 milliards de dollars en avril dernier, ce plafond sera à nouveau rehaussé dès qu’il sera atteint.

Les QFII sont généralement des sociétés de gestion. Les investisseurs étrangers privés n’ont pas accès aux actions chinoises autrement que par la bourse de Hongkong. Les règles devraient également être assouplies pour les sociétés: Pékin réfléchit à la possibilité de laisser chaque institution placer jusqu’à 5 milliards de dollars, contre 1 milliard aujourd’hui.

L’ouverture des marchés financiers chinois avait été abordée la semaine dernière dans le discours de Hu Jintao, qui doit céder son poste de secrétaire général du PCC. Il a évoqué «l’approfondissement de la réforme du système financier», sans entrer dans les détails.

D’autres mesures devraient suivre, a assuré Guo Shuqing. Le président du gendarme de la bourse faisait notamment référence à des incitations fiscales. En revanche, il a estimé que la bourse n’était pas encore prête à accueillir des entreprises étrangères qui voudraient y lever des fonds.

Lundi, la bourse a applaudi. Après une semaine de baisse, le Shanghai Composite Index a engrangé 0,49%. La publication de l’excédent commercial – en forte hausse – a également contribué à améliorer l’humeur des investisseurs. Cette dernière a été sombre depuis le début de l’année. Si la Chine a toujours voulu laisser entrer les investisseurs au compte-gouttes pour éviter des flux spéculatifs et la volatilité qu’ils peuvent entraîner, elle est aussi forcée de prendre en compte les mauvaises performances de son marché action, soulignent des experts.

La bourse de Shanghai a perdu 5,8% depuis janvier. C’est l’un des seuls indices asiatiques à afficher une baisse sur cette période. Et, depuis son point haut de 2007, il a perdu 60% malgré une croissance beaucoup plus dynamique que dans les pays développés. Par comparaison, l’indice MSCI Chine, qui représente surtout des actions chinoises cotées à Hongkong, a grimpé de 11% depuis le début de l’année.

Une autre mesure augmentera les fonds investis sur les marchés chinois et pourrait limiter la baisse. Elle concerne les sociétés basées à Hongkong et détentrices de yuans qu’elles souhaitent réinvestir sur le marché intérieur. Leur quota actuellement fixé à 70 milliards de renminbis (10,6 milliards de francs) devrait être ­relevé de 200 milliards de ­renminbis.

Chaque institution pourrait placer jusqu’à 5 milliards de dollars, contre 1 milliard aujourd’hui