La reprise économique – avec 4,2% de croissance attendue du PIB réel mondial – sera soutenue par une meilleure prévisibilité concernant la production et la distribution de vaccins, par une reprise économique plus précoce et plus forte en Chine, ainsi que par l’augmentation de l’épargne des ménages engendrée par la récession de cette année. Alors que le marché du travail retrouvera de la vigueur l’année prochaine, cette épargne constitue un bon socle pour que la demande, refoulée en 2020, contribue à la reprise économique. Celle de la Chine est déjà bien avancée, même en l’absence de vaccin, et les secteurs manufacturiers et des services sont en forte croissance.

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Les investisseurs internationaux n’ont pas beaucoup porté attention à la Journée des célibataires en Chine (11 novembre), qui est l’équivalent des Black Friday et Cyber Monday, les deux jours d’offres spéciales des détaillants pour les consommateurs aux Etats-Unis, qui d’habitude lancent la saison d’achats de fin d’année. Bien que les chiffres ne soient pas entièrement comparables à ceux de l’année précédente puisque la Chine a étendu le festival du shopping à deux périodes (du 1er au 3 novembre et le 11 novembre), le volume brut de marchandises a néanmoins augmenté de 26% par rapport à 2020, avec l’ajout de produits et de leurs dérivés (voitures et maisons) pour la première fois.

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Le contraste n’aurait pu être plus saisissant avec les Etats-Unis, qui enregistrèrent des ventes en baisse de 20% par rapport à l’année précédente entre Thanksgiving et le Cyber Monday, au milieu d’une deuxième vague sévère d’infections par le Covid-19. L’avance de la Chine sur le reste du monde dans la reprise économique persistera pour la majeure partie de 2021. Sur l’ensemble de l’année, il faut prévoir une croissance de 7% en Chine, ce qui pose le cadre pour une surperformance des actions chinoises et asiatiques en 2021, confirmant une forte hausse en 2020.

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Les arguments favorables aux actions chinoises

Premièrement, l’indice MSCI China Index (MXCN) se négocie toujours avec une décote de 30% par rapport à l’indice S&P 500 (SPX), ce qui correspond à la moyenne historique sur dix ans. Compte tenu de la forte reprise intérieure de la Chine, de la résistance de ses bénéfices et du poids croissant des actions de la nouvelle économie à forte croissance, nous pensons que l’expansion des multiples se poursuivra. Deuxièmement, les actions chinoises surpassent le SPX lorsque la devise chinoise, le CNY, s’apprécie. Comme nous prévoyons un affaiblissement du dollar au sens large et une appréciation du yuan, les actions chinoises devraient continuer à surperformer les actions mondiales.

Troisièmement, sous l’emprise d’une nouvelle administration américaine, la reprise des négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, même si les droits de douane ne sont pas réduits, pourrait faire monter les attentes du marché et prolonger la surperformance actuelle. Enfin, les actions chinoises sont encore sous-représentées dans de nombreux portefeuilles et nous prévoyons des flux de capitaux sur le marché. Néanmoins, la communauté des fonds reste largement sous-utilisée par la Chine. Les fonds des marchés mondiaux et émergents (actifs sous gestion de 2,2 milliards de dollars) sont sous-pondérés de plus de 400 points de base par rapport à l’indice de référence en Chine.

Comment investir au mieux

Pour les investisseurs passifs, notre moyen préféré d’investir dans les actions chinoises est l’indice MSCI China. Les secteurs de la «nouvelle économie», tels que le commerce électronique, les jeux en ligne, la numérisation, l’informatique dématérialisée, l’intelligence artificielle, etc., sont représentés à 50% dans l’indice, ce qui permet d’être exposé au passage structurel de la Chine d’une économie axée sur la fabrication à une économie axée sur la consommation. En même temps, le reste du marché est largement représenté par les actions de la vieille économie cotées en bourse, qui sont disponibles à un prix très réduit par rapport aux actions «on shore» et qui bénéficieront de la reprise économique plus forte.

Pour les investisseurs actifs, de nombreux fonds excellent dans leur catégorie. Pour les investisseurs qui souhaitent s’exposer indirectement aux actions chinoises par l’intermédiaire des marchés développés: le marché allemand des actions, qui ne partage pas la même performance annuelle que les actions chinoises, bénéficie indirectement de sa corrélation avec le cycle économique chinois, étant orienté vers l’exportation et la fabrication manufacturière. Les secteurs qui profitent directement du cycle économique chinois sont des secteurs cycliques comme les matériaux, y compris la construction. En dehors des actions, les matières premières (métaux de base) et les monnaies liées aux matières premières (NZD, AUD) font également partie des bénéficiaires indirects, tout comme le renminbi en tant que monnaie.