La hausse des prix à la production en Chine s'est inscrite en mai à son niveau le plus élevé en près de treize ans, selon des chiffres officiels publiés mercredi.

L'indice PPI, qui mesure le coût des marchandises sorties d'usine, a connu une augmentation de 9% sur un an le mois dernier, d'après le Bureau national des statistiques (BNS). Il s'agit de sa plus forte hausse depuis septembre 2008. Ce résultat, largement supérieur à celui d'avril (6,8%), dépasse la prévision moyenne d'analystes interrogés par l'agence financière Bloomberg (8,5%).

Le pic proche

Le coût des matières premières sur les marchés mondiaux (pétrole, métaux) combiné à la «reprise robuste» de l'activité en Chine qui tire les prix vers le haut, expliquent en partie ce niveau, a relevé Dong Lijuan, un statisticien du BNS. Les prix de l'extraction de pétrole et de gaz naturel ont ainsi doublé en un an (+99,1%), selon le BNS.

Lire aussi: La Chine connaît une croissance record au premier trimestre 2021

«La hausse des prix à la production est proche d'un pic» et ne tardera pas à s'atténuer, estime l'analyste Julian Evans-Pritchard, du cabinet Capital Economics, qui s'attend à une baisse prochaine du prix du charbon et des métaux.

Chute du coût des produits alimentaires

De son côté, l'indice des prix à la consommation, principale jauge de l'inflation, s'est inscrit en hausse de 1,3% sur un an en mai, contre 0,9% un mois plus tôt. Les analystes tablaient sur une hausse sensiblement supérieure (1,6%). Cette tendance s'explique en partie par la chute du coût des produits alimentaires. Les prix du porc, viande de loin la plus consommée en Chine, étaient ainsi le mois dernier 23,8% inférieurs à ce qu'ils étaient en mai 2020.

Ces dernières années, les prix du porc avaient doublé après une épidémie de peste porcine africaine qui a décimé le cheptel. Mais ils s'inscrivent en baisse depuis octobre à la faveur d'une amélioration de la situation. Tous les produits alimentaires ne sont toutefois pas logés à la même enseigne: les oeufs frais ont vu en mai leur prix bondir de 14,3% sur un an.

A lire: La Chine est devenue «too big to ignore»

Les prix à la consommation ont par ailleurs été tirés vers le haut le mois dernier par les transports, à la faveur d'un retour à une vie proche de la normale sur le front de l'épidémie de coronavirus. En mai, les prix des carburants étaient ainsi 21,3% plus élevés qu'un an plus tôt.