Commerce

La Chine promet d'abolir les subventions qui faussent la concurrence

Répondant à certaines exigences américaines, Xi Jinping a promis d'accroître les importations chinoises, de ne pas abaisser le taux de change du yuan et d'interdire les transferts de technologie imposés aux entreprises étrangères

Le président chinois a répondu à une exigence des Etats-Unis qui accusent Pékin de soutenir abusivement ses entreprises publiques. Xi Jinping a promis vendredi d'abolir les subventions «qui faussent la concurrence».

Lors d'un discours à Pékin à l'occasion du deuxième sommet sur son projet d'infrastructures des Nouvelles routes de la soie, Xi Jinping a également promis d'accroître les importations chinoises, de ne pas abaisser le taux de change du yuan et d'interdire les transferts de technologie imposés aux entreprises étrangères.

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Les subventions massives accordées par Pékin à ses entreprises publiques sont l'une des pommes de discorde entre la Chine et les Etats-Unis, engagés depuis près d'un an dans une guerre commerciale lancée par le président américain Donald Trump.

Des mesures pour endiguer le protectionnisme

Outre le déséquilibre commercial entre les deux pays, Washington exige de Pékin des réformes de structures radicales. L'administration Trump voit dans les entreprises d'Etat chinoises des concurrentes qui bénéficient d'une aide déloyale de la part du gouvernement pour envahir les marchés mondiaux.

«Nous remanierons et abolirons les réglementations, les subventions et les pratiques non justifiées qui faussent la concurrence et les marchés», a déclaré Xi Jinping devant un parterre de dirigeants mondiaux - parmi lesquels ne figuraient pas de représentants des Etats-Unis. «Nous traiterons équitablement toutes les entreprises afin de favoriser l'émergence d'un environnement commercial fondé sur le marché et le droit», a-t-il promis, tout en appelant à «dire non au protectionnisme».

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Après une rencontre entre MM. Trump et Xi en fin d'année dernière, les deux pays ont entamé une série de négociations afin d'éviter l'imposition d'une nouvelle vague de droits de douane punitifs sur leurs exportations réciproques. Une délégation américaine est attendue à Pékin le 30 avril. Mais la perspective d'un nouveau sommet Trump-Xi pour ratifier un éventuel accord commercial n'est toujours pas à l'ordre du jour.


Routes de la soie: Xi Jinping veut des projets transparents et viables

Xi Jinping s'est également prononcé vendredi à Pékin en faveur de projets «transparents» et «viables» pour les budgets des pays participant à son initiative des Nouvelles routes de la soie. S'adressant à un parterre de 37 chefs d'Etat et de gouvernement étrangers, Xi Jinping a aussi promis une «tolérance zéro» pour la corruption dans le cadre de ce projet qu'il a lancé - et qui est parfois accusé d'opacité.

Mais les critiques lui reprochent de favoriser avant tout les entreprises basées en Chine et de constituer «un piège de la dette» pour les nations bénéficiaires de prêts accordés par des banques chinoises. Selon lui, la Chine va également promouvoir le développement «vert», alors que certains projets, notamment des barrages ou des centrales à charbon, sont parfois accusés d'entraîner des dégâts à l'environnement.

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Le président russe Vladimir Poutine était présent vendredi à Pékin, tout comme le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, dont le pays est devenu le mois dernier le premier membre du G7 à rallier l'initiative chinoise. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le président suisse Ueli Maurer ont également fait le déplacement. Mais la plupart des pays d'Europe de l'Ouest, prudents face au projet chinois, n'ont envoyé que des ministres, et les Etats-Unis n'ont dépêché personne de Washington. Les Nouvelles routes de la soie «ne sont pas un club» réservés à quelques-uns, a souligné Xi Jinping.

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