POLITIQUE MONETAIRE

En Chine, la réévaluation du yuan revient à l'ordre du jour

L'économie de la République populaire s'emballe. Des officiels préconisent un raffermissement de la devise pour écarter le risque d'un atterrissage brutal.

Un an après la décision surprise de la Chine d'abandonner l'arrimage fixe de sa devise au dollar, la question d'une réévaluation du yuan est de nouveau d'actualité. Lundi, il s'échangeait à 7,9652pour un dollar, son niveau le plus élevé depuis le 21 juillet 2005.

Son appréciation de 1,8% contre le billet vert depuis cette date, dans le cadre de ce nouveau régime flottant «géré» (variation quotidienne limitée à 0,3%), est jugée encore très insuffisante par les Etats-Unis. Certains sénateurs menacent toujours d'imposer 27,5% de droits de douane aux importations chinoises si une appréciation plus conséquente n'intervient pas.

Et ils ne sont plus seuls à la souhaiter. Malgré la dépendance du pays par rapport aux exportations (plus d'un tiers du produit intérieur brut chinois), de plus en plus de personnalités économiques chinoises s'y déclarent favorables. Selon Bloomberg, Yu Yongding, du conseil de la banque centrale, et Zhu Baoliang, économiste rattaché à l'agence de planification, jugent qu'un raffermissement est nécessaire pour tempérer les ardeurs de l'économie.

En dépit des différentes mesures mise en œuvre depuis le mois d'avril pour la refroidir, l'activité économique continue en effet de s'emballer. Resserrement monétaire, contrôles administratifs des prêts et des investissements immobiliers visant à endiguer l'accumulation de surcapacités restent inopérants.

Un «accès facile à l'argent pas cher»

Au deuxième trimestre, le PIB s'est envolé de 11,3% sur un an, son rythme le plus dynamique depuis début 1995. Morgan Stanley prévoit 10,5% de croissance sur l'ensemble de l'année contre les 9,5% initialement attendus. La production industrielle s'est envolée de 19,5% sur un an en juin, galvanisée par des dépenses d'investissement qui ont explosé de 31,3% dans les zones urbaines au premier semestre.

«Les surcapacités, le recul des profits et les mesures politiques auraient dû mettre l'investissement sous pression», commente Morgan Stanley. Or, «les dépenses restent alimentées par l'accès facile à l'argent pas cher». La source de cet argent est toute trouvée: chaque mois, les recettes à l'exportation plus gigantesques (14,5 milliards de dollars d'excédent commercial en juin) irriguent l'économie. Seule une appréciation du yuan permettrait de circonscrire cet afflux.

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