Un coup d’accélérateur pour la croissance chinoise: le PIB a bondi de 3,2% au deuxième trimestre, après avoir enregistré son plus mauvais résultat historique en début d’année, au moment où l’épidémie de Covid-19 paralysait le pays. Bien que sujet à caution, le chiffre officiel du PIB chinois, annoncé jeudi par le Bureau national des statistiques (BNS), est toujours scruté de près compte tenu du poids du pays dans l’économie mondiale.

Sa hausse d’avril à juin est plus prononcée que les prévisions d’un groupe d’analystes sondés par l’AFP (+1,3%).

Indicateur pour la reprise dans le monde

La Chine, où le virus est apparu en décembre avant de se propager dans le reste du monde, est le premier pays à avoir relancé son activité et apparaît à ce titre comme un baromètre pour la reprise espérée de l’économie mondiale.

Son rythme de croissance trimestriel reste toutefois éloigné du niveau atteint sur l’ensemble de 2019 (+6,1%), qui était déjà un plus bas historique. Mais il est bien meilleur qu’au premier trimestre (-6,8%), quand l’épidémie de Covid-19 paralysait le pays.

Les Bourses chinoises étaient cependant dans le rouge à la mi-journée, Shanghai cédant 1,41% et Hong Kong 1,17%. «Le marché ne croit probablement pas» aux chiffres du PIB au deuxième trimestre, juge l’économiste Iris Pang, de la banque ING qui juge aussi les statistiques officielles «trop belles pour être vraies».

L’activité toujours «sous pression»

Sur l’ensemble du premier semestre, l’économie chinoise a «fait face à de graves défis posés par le Covid-19» tant dans le pays qu’à l’étranger, a admis devant la presse une porte-parole du BNS, Liu Aihua, jugeant l’activité toujours «sous pression».

Les ventes de détail, principal indicateur de la consommation, ont ainsi encore connu en juin un repli sur un an (-1,8%). Cette baisse est inférieure à celle du mois précédent (-2,8%) mais le chiffre est moins bon que les prévisions des analystes, qui tablaient en moyenne sur +0,5%.

En revanche, la production manufacturière a réalisé le mois dernier sa meilleure performance depuis le début de l’année, avec une progression de 4,8% sur un an. Mais le secteur de l’exportation, un pilier de l’économie chinoise, reste particulièrement vulnérable au moment où les principaux partenaires commerciaux de Pékin affrontent toujours le virus.

Quant à l’investissement en capital fixe, il s’affichait sur les six premiers mois de l’année en contraction de 3,1%.

Le rebond de l’économie est dû à la fois au «succès (du pays) dans la gestion du virus» et à une politique de soutien du gouvernement, estime l’agence de notation financière Fitch. Malgré l’apparition d’un nouveau foyer à Pékin le mois dernier, un seul nouveau cas de contamination a été enregistré jeudi dans tout le pays. Et pour soutenir une économie fragilisée, le pays va laisser filer son déficit cette année à 3,6% du PIB (contre 2,8% l’an dernier).

Des conséquence importantes pour la population

Plusieurs provinces ou communes ont lancé des opérations commerciales à coup de bons d’achat ou de réductions pour encourager la consommation et in fine soutenir l’emploi.

Car si la Chine se remet progressivement de l’épidémie, c’est au prix d’énormes répercussions économiques: des millions de personnes ont perdu leur travail, un facteur qui pèse lourdement sur la consommation intérieure.

En juin, le taux de chômage s’est établi à 5,7%, contre 5,9% en mai et un record absolu de 6,2% en février. Ce chiffre ne reflète toutefois que la situation des citadins et exclut de facto les centaines de millions de travailleurs migrants originaires des campagnes et qui sont aussi les plus fragilisés par la crise.