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Li Ning, multiple médaillé de gymnastique reconverti en homme d’affaires, sera présent à Montreux vendredi.
© Reuters/Bobby Yip

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Avec la Chine du sport, la Suisse peut faire coup double

Une conférence, vendredi à Montreux, veut identifier comment l’économie suisse peut tirer profit du développement de l’industrie du sport dans l’Empire du Milieu

Dans moins de dix ans, l’industrie du sport chinois pèsera plus de 800 milliards de francs. C’est en tout cas l’objectif que s’est fixé Pékin, en 2014.

Comment s’arroger une ou plusieurs parts de ce gâteau convoité? C’est pour y répondre que la Fédération suisse de gymnastique de Montreux (FSG) organise vendredi une conférence intitulée «Opportunités d’affaires Suisse-Chine, l’exemple du sport business». A l’occasion des 150 ans de la FSG, une série de présentations est agendée à Montreux. Parmi les orateurs figure notamment Li Ning, le multi-médaillé chinois de gymnastique. Une légende de la discipline qui, jeudi, a eu droit à sa statue, érigée sur les quais de la ville.

Aujourd’hui âgé de 54 ans, Li Ning s’est reconverti en homme d’affaires, après sa retraite sportive en 1988. Il a fait fortune en fondant le groupe Li Ning Sports Goods, un géant de l’équipement sportif qui totalise un chiffre d’affaires annuel de 8 milliards de yuans (1,13 milliard de francs).

«Alibaba est emblématique»

Au micro lui succéderont des entrepreneurs suisses, comme Jean-Sébastien Mérieux, l’un des responsables de Dartfish, la société fribourgeoise spécialisée dans l’analyse vidéo. Mais aussi Olivier Glauser, qui a fondé Shankai Sports en 2011. Ce Lausannois, ancien de l’EPFL, est l’un des témoins les plus légitimes des opportunités offertes par l’ouverture du marché chinois du sport.

«Je vais parler des trois critères qui soutiennent son développement, a-t-il dévoilé cette semaine au Temps. Il s’agit des actions gouvernementales, notamment en termes de déréglementation, de l’explosion d’Internet et des médias numériques, dont le sport ne peut pas se passer, ainsi que de l’installation d’une vraie culture capitaliste et entrepreneuriale, qui pousse des Chinois à devenir sponsors ou à acheter des clubs en Occident.» La stratégie d’Alibaba, le géant de la vente en ligne qui, avec son aide, a signé en début d’année un contrat avec le Comité international olympique (CIO), est «un cas emblématique de cette tendance», ajoute Olivier Glauser.

Lire aussi: Avec Alibaba, les Jeux Olympiques penchent un peu plus vers l’Asie

Logiquement, les Suisses ne sont pas les seuls à chercher à se tailler une part de ce gâteau. Mais l’économie helvétique a un avantage que les autres n’ont pas. Elle peut doublement tirer profit de ce développement à grande échelle. Car elle regroupe des centaines de fédérations, d’organisations, d’entreprises et de chercheurs dans le domaine du sport.

300 millions de skieurs chinois

Une concentration unique au monde que Stéphane Mottaz va présenter, vendredi. «Il existe une quantité de synergies potentielles, avance le responsable marketing de Thinksport, l’organisme chargé de faciliter les échanges entre tous ces acteurs du sport réunis sur le territoire suisse. Nous avons tout intérêt à promouvoir ce savoir-faire suisse en Chine. Par exemple dans le développement des sports d’hiver.»

En toile de fond, les Jeux d’hiver 2022, qui auront lieu à Pékin. La perspective de cet événement planétaire a incité le président chinois Xi Jinping à lancer un programme national – encore un – pour les sports d’hiver. Objectif: atteindre la barre des 300 millions de pratiquants. En quinze ans, le nombre de stations est ainsi passé de 50 à 2000, dans ce qui, Autriche mise à part, pourrait bien devenir l’autre pays du ski.

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