Coup dur pour l'horlogerie suisse haut de gamme. Depuis le 1er avril, la Chine a introduit un impôt de consommation sur les produits de luxe. Pour l'horlogerie, cette taxe majorera les prix de 20%.

Jean-Daniel Pasche, président de la Fédération horlogère suisse (FH), s'est dit inquiet par l'entrée en vigueur de cet impôt, dévoilé par la HandelsZeitung. «Pour l'heure, nous ne disposons pas encore de tous les détails. Il est donc difficile d'en évaluer l'impact.»

Berne va intervenir

Le président de la FH ne peut toutefois exclure un léger fléchissement des ventes dans le pays. Mais il se pourrait également que le client chinois jette son dévolu sur des montres moins onéreuses. Et Nick Hayek, patron du Swatch Group, compte bien en profiter, a-t-il déclaré à Bloomberg. La taxe touche toutes les montres coûtant 10000 yuans (1600 francs) ou plus.

Toujours est-il que la mesure n'est pas anodine. Exactement 99,6% des montres moyen à haut de gamme vendues dans l'Empire du Milieu sont suisses, d'après la FH. De plus, la Chine représente le marché de tous les espoirs. Et les taux de croissance répondent à cette attente. L'an passé, la Suisse a exporté pour 351,1 millions de francs de garde-temps, en progression de 25,7% par rapport à 2004.

A priori, cette taxe ne semble pas contrevenir aux règles commerciales internationales puisqu'elle s'applique aussi bien aux produits importés qu'aux biens indigènes, explique encore Jean-Daniel Pasche. Le président de la FH s'est d'ailleurs entretenu la semaine dernière à ce propos avec le ministre de l'Economie, Joseph Deiss. Berne entamera ces prochains jours des discussions avec Pékin.

La Chine compte environ 300000 millionnaires en dollars, très friands des produits horlogers suisses. Dans l'Empire du Milieu, c'est Omega qui arrive en tête des ventes haut de gamme.