Une enquête réalisée par le cabinet Bain & Company et par Kantar Worldpanel auprès de 40 000 foyers chinois tend à démontrer que le marché chinois se complique pour les sociétés étrangères positionnées sur les secteurs de grande consommation. D’après cette étude, elles sont plus de 60% à avoir perdu des parts de marché entre avril 2011 et 2014. Ce sont les produits cosmétiques, de soin personnel ou les boissons gazeuses, qui subissent la chute la plus nette, avec des parts de marché en baisse de 6 à 7%.

Pour les auteurs de cette enquête, les progrès réalisés par les sociétés locales expliquent l’essentiel de cette évolution. De nouveaux produits, un marketing plus agressif, une présence sur Internet mieux maîtrisée, ont permis aux groupes chinois de tailler des croupières à leurs concurrents. Les secteurs d’activité dans lesquels les étrangers tirent leur épingle du jeu sont le chewing-gum, les couches pour bébés et le lait infantile. Dans les biscuits, le shampooing, le chocolat et la bière, des hausses de parts de marché marginales sont également observées.

■ Shanghai tente de redonner des couleurs à sa zone de libre-échange

La zone de libre-échange de Shanghai, longtemps présentée comme le grand projet pilote de la Chine au plan économique, celui qui devait servir de laboratoire à toutes les libéralisations futures, a du plomb dans l’aile. A l’automne dernier, son inauguration s’était faite sans Li Keqiang, le premier ministre qui en avait pourtant fait son chantier prioritaire. Depuis, les annonces concrètes à son sujet ont été relativement peu nombreuses. Conscient du risque pour son image, le gouvernement de Shanghai accélère. La semaine dernière, un dispositif qui libéralise les taux de dépôts sur les comptes en devise étrangère, testé dans la zone, a été libéralisé dans toute l’agglomération de Shanghai. Et les autorités viennent de publier de nouvelles réglementations, moins restrictives.

La liste des activités où les investisseurs étrangers sont soumis à des contraintes a été sensiblement réduite, passant de 190 à 139. Cette «liste négative» constituait, en soi, une petite révolution puisqu’elle consistait à affirmer que tout secteur qui n’y figurait pas était, par défaut, accessible aux investisseurs étrangers. Mais elle était si fournie qu’elle avait refroidi les milieux d’affaires.

Shanghai vient donc de décider de laisser plus de marge de manœuvre, dans sa zone de libre-échange, aux investisseurs étrangers dans l’immobilier, la finance et les services. Malgré tout, la prudence reste de mise car certaines des restrictions supprimées étaient redondantes avec d’autres. De même, les activités de casino et la pornographie sont supprimées de la liste… mais la loi chinoise reste draconienne sur ces sujets, et par conséquent aucune de ces activités ne sera autorisée à Shanghai. Les banques d’affaires, les trusts ou les courtiers, qui ne sont plus sur la liste négative, doivent malgré tout «se soumettre aux régulations existantes»…

■ Avec ses roquettes, Pyongyang se rappelle au bon souvenir de Pékin et Séoul

Depuis plus de vingt ans, les nouveaux présidents chinois avaient pour coutume de rendre visite aux autorités communistes de Corée du Nord avant de retrouver, quelques mois plus tard, à Séoul les dirigeants sud-coréens. Mais pour la première fois, Xi Jinping, le chef de l’Etat chinois, a inversé ce calendrier et retrouvera demain Park Geun-hye, son homologue de Corée du Sud alors qu’il n’est pas encore allé saluer Kim Jong-un à Pyongyang. Visiblement agacée par cet affront, la Corée du Nord a tiré, ce matin, deux roquettes à courte portée depuis sa côte orientale. Des lancements qui font suite à d’autres salves de tirs organisés ces derniers jours vers la mer du Japon.

«Quelle que soit la justification de ces tirs, nous estimons que tout geste susceptible d’accroître les tensions militaires sur la péninsule doit cesser», s’est agacé le porte-parole du ministère, Kim Eui-do. Si le pouvoir chinois semble avoir perdu une large partie de sa capacité d’influence sur le régime nord-coréen, il refuse toujours de durcir le ton et de couper les ponts avec Pyongyang. Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères chinois, Liu Zhenmin, a assuré hier que la visite de Xi à Séoul n’était en aucun cas une rebuffade à l’égard de Pyongyang.

■ Le laboratoire suisse Novartis mis en accusation au Japon

La justice japonaise a formellement mis en accusation, mardi soir, une filiale nippone du géant pharmaceutique suisse Novartis et appréhendé l’un de ses anciens employés. Les juges soupçonnent cet homme de 63 ans d’avoir participé à plusieurs études cliniques officiellement indépendantes sur l’efficacité du Valsartan, un médicament contre l’hypertension, en prenant soin de cacher son appartenance au groupe Novartis. Cette intervention aurait permis selon les enquêteurs de manipuler les résultats des études qui avaient ensuite été utilisées pour promouvoir le médicament. Les premiers soupçons de manipulation étaient venus, l’an dernier, des universités japonaises impliquées dans les études cliniques. Elles s’étaient étonnées de voir le médicament présenté publiquement comme un remède efficace contre une multitude de maux, et notamment contre les angines de poitrine et les attaques cérébrales.

«Nous prenons l’arrestation de notre ex-employé et la mise en accusation de notre entreprise très au sérieux», a commenté, hier soir, la filiale nippone de Novartis dans un communiqué. «Nous nous excusons profondément auprès des patients, de leurs familles et des personnels médicaux ainsi qu’auprès du public pour les soucis causés», a ajouté le groupe qui avait, suite à la mise à jour de cette affaire, remanié sa direction dans l’Archipel. En vertu du droit pharmaceutique en vigueur au Japon, l’exagération publicitaire peut être punie de 2 ans de prison ou d’une amende de 2 millions de yens (14 000 euros) maximum.