Le chinois Alibaba prépare le lancement de sa banque

Diversification MYbank devrait commencer ses opérations d’ici à juin

C’est une nouvelle manifestation des velléités des géants d’Internet de se lancer dans la finance

L’irruption des géants d’Internet dans le secteur bancaire se confirme. Jeudi, le spécialiste chinois du commerce en ligne Alibaba a laissé entendre qu’il pourrait lancer sa propre banque d’ici à mai ou juin.

Après des initiatives dans la santé il y a une dizaine de jours, des responsables de la filiale financière du groupe, Ant Financial, ont expliqué à la presse chinoise et à Reuters être dans la dernière ligne droite pour ouvrir MYbank, une entité en ligne qui s’adresse à des petites entreprises pour les prêts (jusqu’à environ 800 000 dollars) et à des petits clients pour des dépôts (jusqu’à environ 32 000 dollars). Deux segments qui sont, selon les experts, encore relativement peu occupés par les grandes banques d’Etat chinoises.

Ce n’est pas le premier mouvement vers le secteur financier d’Alibaba, dont l’entité Alipay est le service de paiement en ligne le plus populaire du pays. La société s’est engagée avec Lending Club, la plateforme américaine de prêts entre particuliers, pour offrir des emprunts à des petites entreprises américaines clientes d’Alibaba. Les ambitions ne s’arrêtent pas non plus là: MYbank représente une étape dans le projet d’Alibaba qui souhaite offrir d’autres services financiers, comme des produits d’assurance ou des investissements.

Alibaba, qui avait annoncé des ventes en hausse de 40% à 4,42 milliards au troisième trimestre 2014, avait reçu le feu vert des autorités l’an dernier pour ses opérations bancaires, suit celles d’autres groupes technologiques. En Chine déjà, où son grand rival, Tencent, un autre géant du Web, avait lancé WeBank en début d’année. Et dans le reste du monde, où nombre de géants d’Internet veulent capitaliser sur leurs centaines de millions d’utilisateurs ou clients.

Facebook, notamment, a dévoilé en mars que ses utilisateurs américains pourraient s’envoyer, en quelques clics, de l’argent entre eux. Le réseau social avait déjà fait une demande de licence bancaire.

De même, Apple Pay ou Google Wallet, les systèmes de paiement électroniques des deux groupes californiens, représentent une autre incursion dans le domaine financier d’acteurs non traditionnels.

Alibaba souhaite offrir d’autres services financiers, comme des produits d’assurance