Les Chinois se sont épris des villas «à l’américaine»

Logement Les ménages de l’Empire du Milieu ont investi 22 milliards de dollars dans l’immobilier américain en un an

L’Oncle Sam compte des milliers de nouveaux adeptes. Pour s’offrir une part de rêve américain, les Chinois ont investi 22 milliards de dollars dans l’immobilier résidentiel, entre mars 2013 et mars 2014. Soit un quart des 92 milliards dépensés par des étrangers pour s’acheter un toit aux Etats-Unis.

Los Angeles et, dans une moindre mesure, San Francisco, Las Vegas et New York sont leurs destinations préférées, révèle l’association américaine des agents immobiliers, dans une étude publiée la semaine dernière. Leur choix s’oriente naturellement vers des quartiers où des communautés asiatiques sont installées depuis longtemps, comme San Gabriel Valley, à l’est de L.A., ou plus au Sud, à Irvine, dans le comté d’Orange.

Ils dépassent désormais allègrement les grands acheteurs historiques que sont les voisins canadiens (13,8 milliards, 15%) et mexicains (4,5 milliards, 5%). Et «ce n’est que le début d’un raz de marée», annonce le chef économiste de l’association, Lawrence Yun.

Un agent immobilier, cité dans l’étude, souligne pourtant que les lois sur l’immigration compliquent l’acquisition d’une propriété par des étrangers, en raison notamment des difficultés pour obtenir un financement hypothécaire. Un sondage montre que 20% des étrangers ayant finalement renoncé ont été découragés par ces obstacles. D’autres ont fait appel à des organismes de crédit autres que les banques. Les Chinois, eux, paient cash. Dans 76% des cas.

En nombre de logements, les Canadiens sont encore les principaux acheteurs, avec une part de 19%. Mais leur engouement décline chaque année. A l’inverse, celui des Chinois décolle. Leur part est passée de 5% à 16% des maisons mises en vente, entre 2007 et 2014. Et ces derniers visent généralement plus haut, plus cher que les autres. En moyenne, ils paient 590 000 dollars, soit près de 100 000 dollars de plus que ce que déboursent les Britanniques. Et plus du double des investissements moyens consentis par les Mexicains.

Prix bas et dollar faible

La moyenne chinoise est soutenue par deux particularités. Il n’est pas rare qu’ils acquièrent des propriétés «trophées», devisées à plusieurs millions. Et ils privilégient les quartiers bien cotés de Los Angeles, New York ou de Washington.

Globalement, les achats de logements par des étrangers ont explosé aux Etats-Unis. Ils sont en hausse de 35% sur un an. Ils représentent 7% du total des transactions totales. Le mouvement est soutenu par des prix attractifs – malgré le rebond du marché, ils restent inférieurs aux niveaux de 2007, avant l’éclatement de la crise des «subprime». Mais aussi par la faiblesse du dollar, qui renforce le pouvoir d’achat des non-résidents.

En plus, ces investissements sont jugés moins risqués que dans d’autres pays, comme en Chine, où la surchauffe et l’instabilité réglementaire découragent ceux qui auraient les moyens d’investir dans la pierre.

Mais les critères financiers ne sont pas les seuls facteurs de décision, est-il souligné dans l’étude de 60 pages. Les impératifs professionnels, la qualité des formations états-uniennes ou une certaine vision de la retraite influencent aussi les choix des acheteurs. Lesquels privilégient souvent les villes les plus proches, ou les moins lointaines, de leur lieu d’origine. Ainsi, les Latino-Américains préfèrent le Texas ou l’Arizona. Les Européens s’installent volontiers sur la côte Est, tandis que les Asiatiques optent pour la côte Ouest.