Chinois, la trentaine, le profil de l’entrepreneur à succès

Etude BNP Paribas a réalisé une recherche sur les créateurs d’entreprises qui réussissent

L’Asie est le continent le plus propice au lancement de sociétés

C’est un homme. Il a lancé sa première entreprise à 29,9 ans. Durant sa carrière, il en créera en moyenne 3,4 autres. Vraisemblablement en Chine. Il lui a fallu 20 mois pour passer de son idée à la création de sa société. Le chiffre d’affaires de son entreprise principale tourne autour de 8,4 millions de dollars. Cette dernière est certainement active dans le domaine de la finance, de la technologie ou de la distribution et lui a rapporté 7,6 millions de dollars de fortune nette.

Ce portrait de «l’entrepreneur à succès» est dressé par BNP Paribas et le cabinet de consultants Scorpio Partnership. Mardi, la banque française avait invité la presse internationale – dont Le Temps – au dix-septième étage de sa tour de verre londonienne surplombant la City pour présenter les résultats de ce premier rapport.

Quelles sont les clés pour réussir en tant qu’entrepreneur? L’étude, réalisée pour un montant non dévoilé, avait pour ambition de répondre à cette question de la manière la plus détaillée et la plus globale possible. Car «les entrepreneurs – qui se définissent comme créateurs, mais également propriétaires et gérants de leurs entreprises – sont des pollinisateurs de croissance, leur utilité pour l’économie est indiscutable», rappelait Sebastian Dovey, auteur de l’étude, en guise d’introduction.

En tout, 2523 entrepreneurs de 17 pays ont répondu aux questions du chercheur – parmi eux, 111 Suisses. Outre les entrepreneurs, l’étude s’intéresse également aux «angel investors», qui fournissent les fonds aux start-up pour les aider à concrétiser leurs projets. Mais les profils d’entrepreneurs et d’«angel investors» se mélangent: le premier dédiant en moyenne un dixième de son patrimoine à des projets de start-up.

Une lecture approfondie de l’étude recèle quelques surprises. L’âge moyen d’un entrepreneur varie par exemple d’un pays à l’autre. Au Moyen-Orient, il se lancera dans son projet à 25 ans alors qu’il attendra d’avoir 33 ans s’il réside aux Etats-Unis. Des moyennes qui ne cessent d’ailleurs de baisser. «La génération précédente préférait attendre la fin des études et l’acquisition d’un peu d’expérience pour se lancer. Ce n’est plus le cas aujourd’hui», constate Sebastian Dovey. Autre fait saillant, les femmes ont tendance à lancer davantage de sociétés et à générer un chiffre d’affaires moyen plus élevé (9,1 millions de dollars contre 8,4 millions pour un homme). En outre, malgré cinq années de crise, l’industrie financière ne décourage nullement les entrepreneurs puisqu’il s’agit du secteur préféré des sondés – devant les technologies. Enfin, les pays les plus propices à l’entrepreneuriat sont, dans l’ordre, la Chine, Hongkong et la Turquie. Les Etats-Unis viennent en huitième position et la Suisse en dixième position – avant l’Allemagne et la France.

Avec sa dixième place, la Suisse, justement, «occupe une position clé, estime Sebastian Dovey. Si on la compare avec les autres pays en termes de population, elle réalise un score incroyable!» Raisons fiscales? «Pas uniquement. Le choix du lieu où installer son entreprise se fait surtout en fonction d’une communauté. Et la Suisse est connue pour son innovation…» En moyenne, une même personne y créera 6,3 entreprises. Loin de Hongkong (10,2), mais devant les Etats-Unis (5,8).

BNP Paribas ne fait pas de mystère sur son intérêt à mener cette étude. «Elle nous permettra d’affiner nos offres aux entrepreneurs que nous accompagnons depuis leurs débuts, explique Sofia Merlo, codirectrice de la division gestion de fortune de BNP Paribas. Par ailleurs, nous pourrons mieux répondre aux attentes des clients qui cherchent de nouvelles opportunités d’investissement.»

Au Moyen-Orient, l’entrepreneur se lancera à 25 ans alors qu’il attendra d’avoir 33 ans aux Etats-Unis