A peine connu en Occident, le fabricant chinois de smartphones Xiaomi est en train d’effectuer une percée fracassante sur ce marché. Le «petit grain de riz», selon son nom chinois, enraye la mécanique bien huilée des géants du secteur et vient de s’imposer au troisième trimestre pour la première fois comme numéro trois mondial sur ce segment. D’après des chiffres publiés, jeudi matin, par Strategy Analytics, il a écoulé 18 millions de smartphones sur la période et ainsi capté 5,6% du marché mondial, devant LG et Huawei, qui avaient, tour à tour, occupé dans le passé cette troisième place mondiale très convoitée. Xiaomi reste loin derrière les deux leaders, Samsung et Apple. Mais tous deux voient leur position s’éroder. Le coréen est le plus violemment touché par l’émergence de nouveaux producteurs asiatiques jouant la carte de la qualité à prix serrés, puisqu’en un an sa part de marché est passée de 35% à 24,7%. Le californien, quant à lui, glisse de 13,4% à 12,3% sur la même période. Xiaomi est devenu incontournable en Chine, grâce notamment à son marketing intelligent et à sa stratégie de ventes exclusivement en ligne. Il commence à s’étendre à l’international, avec des débuts d’implantation en Inde et à Singapour. Mais il ne cache pas que ses ambitions sont mondiales.

Rakuten se jette dans la bataille du smartphone

Cherchant à convertir aux smartphones une population encore effrayée par le coût des abonnements pratiqués au Japon, Rakuten, le géant nippon du commerce en ligne, vient d’annoncer qu’il allait proposer un service de téléphonie mobile trois fois moins cher que la concurrence. S’appuyant sur sa filiale Fusion Communications, le groupe emmené par le milliardaire Hiroshi Mikitani va lancer le service «Rakuten Mobile» d’opérateur virtuel (MVNO), qui louera de la capacité sur le réseau du plus gros opérateur du pays NTT Docomo. Un contrat de base comprenant du temps de conversation classique et un peu de consommation internet sera facturé 2200 yens (16 euros) par mois, quand le forfait d’entrée de gamme des trois grands opérateurs de l’Archipel évolue aux environs des 6500 yens par mois. Pour accompagner cette offre, Rakuten propose un smartphone plutôt bon marché, le «Zenfone 5», conçu par Asus Japon, la filiale du groupe taïwanais Asus qui jouit d’une très bonne réputation et de ventes solides dans l’Archipel. Rakuten, qui croit pouvoir écouler 10 millions de smartphones en trois ans, espère que ces nouveaux utilisateurs utiliseront ses applications d’e-commerce ou de communication, telle que Viber, qu’il a fait pré-installer sur tous ses appareils. Les personnes âgées moins séduites par les smartphones et plus méfiantes vis-à-vis du commerce en ligne sont particulièrement visées par l’opération.

ICBC accuse le coup du ralentissement chinois

Le géant bancaire chinois, qui est également la première banque mondiale par la taille de ses actifs, a annoncé ses résultats trimestriels. Il enregistre la plus forte hausse de ses prêts non performants depuis 2006, avec une hausse de 9%. Le revenu net reste malgré tout en hausse de 7,7%, atteignant l’équivalent de 11,8 milliards de dollars… Mais selon toute vraisemblance, la banque devrait afficher, cette année, la plus faible croissance de ses profits depuis 2001. D’après des chiffres publiés ce matin, les prix de l’immobilier pourraient avoir connu, en moyenne, une baisse de 10% cette année en Chine. C’est en bonne part ce coup de frein de l’immobilier, conjugué à des surcapacités industrielles, qui pèse sur l’activité des banques chinoises.

Rebondissement sur le marché géant de l’aéroport de Rangoun

En août 2013, le groupe sud-coréen Incheon International Airport Corp. avait célébré sa victoire dans la bataille pour la construction du nouveau grand aéroport de Rangoun, la capitale économique de la Birmanie qui s’est rouverte aux investissements étrangers après des années d’isolation. Mais au printemps dernier, les autorités birmanes avaient laissé entendre qu’elles pourraient reconsidérer leur choix pour ce marché estimé à 1,4 milliard de dollars. Et, hier, le Ministère des transports a finalement annoncé que c’est un consortium associant des entreprises singapouriennes et japonaises qui allait bâtir l’aéroport international Hanthawaddy. Le consortium formé par la société singapourienne Yongnam Holdings, une filiale de Changi Airport Group, et les Japonais de JGC Corp. devraient livrer d’ici à la fin de 2019 un aéroport capable d’accueillir 12 millions de passagers par an et de désengorger les infrastructures actuelles qui freineraient l’arrivée des touristes et des investisseurs étrangers. Le gouvernement japonais, qui a toujours cultivé des liens forts avec les exécutifs birmans, pour notamment freiner l’expansion de l’influence chinoise dans le pays, devrait largement participer au financement du nouvel aéroport.