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Alimentaire

Chiquita s’allie à un autre géant de la banane

Le groupe américain et l’irlandais Fyffes domineront un marché déjà très concentré. Un quintette de multinationales régnerait sur 70 à 80% des centaines de millions de tonnes produites chaque année

Chiquita s’allie à un autre géant de la banane

Fusion Le groupe américain et l’irlandais Fyffes domineront un marché déjà très concentré

Nestlé qui fusionne avec Unilever? A l’échelle de la banane, c’est ce qui est en train de se passer. Lundi, le groupe américain Chiquita et l’irlandais Fyffes, deux des plus gros producteurs du fruit incurvé, ont annoncé leur union. Ils donnent ainsi naissance à une multinationale cotée à New York mais domiciliée à Dublin, comptant 32 000 employés dans une septantaine de pays et dont le chiffre d’affaires devrait atteindre 4,6 milliards de dollars.

D’une opération libellée entièrement en actions émergera la société ChiquitaFyffes. Les deux marques seront conservées – Fyffes commercialise notamment Sol –, a déjà assuré le patron de Chiquita, Ed Lonergan, qui deviendra le président de la nouvelle entité. Pour Max Havelaar Suisse, cette fusion entre deux entreprises qui ne sont ni ses concurrentes ni ses partenaires est sans conséquence, assure Florie Marion, porte-parole de la fondation. «Ni Fairtrade ni Max Havelaar n’importent eux-mêmes des bananes, rappelle-t-elle par ailleurs. Nous certifions des chaînes de production, des plantations et un produit fini. Ce sont les intermédiaires ou les acheteurs qui décident de se fournir ou non en bananes issues du commerce équitable.» C’est le cas de Coop, par exemple, qui ne vend que des bananes Max Havelaar.

L’annonce a fait grimper le cours de Fyffes de 41%. La transaction, qui pourrait être finalisée d’ici à la fin de l’année, reste soumise à l’approbation des autorités irlandaises de la concurrence. ­Celles-ci devront juger si cette concentration ne risque pas de donner lieu à une situation monopolistique et à des prix surfaits.

De l’avis de Max Havelaar Suisse, ce ne sera pas forcément le cas. Aujourd’hui, poursuit Florie Marion, ce sont plutôt les acheteurs – les chaînes de supermarchés – qui déterminent les prix finaux. Des prix qui sont soit fixés de manière hebdomadaire, soit définis par avance dans des contrats annuels.

Menace sur les récoltes

L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, note qu’aux Etats-Unis les distributeurs ont baissé les prix, en 2012. Alors que les prix de gros ont augmenté de 6,5%. «Les supermarchés ont compensé en relevant le prix d’autres produits tout en stabilisant celui de la banane», note la FAO, dans son dernier «Banana Market Review». Cité par l’AFP, l’analyste de Goodbody, Patrick Higgins, estime que cette fusion est aussi «une réponse à la volatilité des marges et des bénéfices qu’a subie le secteur ces dernières années».

Coop, de son côté, indique que de manière générale, les prix des bananes ne sont pas l’objet d’importantes variations. Au cours de la décennie écoulée, les prix des bananes à l’importation ont pourtant plus que doublé, à 900 dollars la tonne. Cette pression proviendrait, entre autres, du fait que l’existence même de la variété Cavendish, qui représente 10 à 15% des récoltes et qui est la banane la plus consommée aux Etats-Unis, serait menacée par la prolifération de champignons. D’abord détectés en Asie, ces derniers toucheraient désormais les récoltes africaines et moyen-orientales, selon la revue Nature .

Avant même le mariage annoncé lundi, le marché de la banane était déjà ultra-dominé par une poignée d’acteurs. Chiquita et Fyffes détiendraient à eux deux près de 30% du marché européen. Avec Del Monte, Dole (tous deux des Etats-Unis) et Noboa (Equateur), le quintette régnerait, selon diverses estimations, sur 70 à 80% des 110 millions de tonnes produites en 2012 en Amérique latine, en Asie et en Afrique.

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