Le prix du cacao qui se négocie à Londres et à New York a pris l'ascenseur depuis le début de l'année. Il se traite actuellement autour des 1900 dollars la tonne, alors que l'on pouvait l'acquérir pour seulement 1500 dollars début mai et moins de 1000 dollars fin 2000. Certains analystes attribuent cette hausse à une tentative de manipulation des cours par une poignée de spéculateurs londoniens. D'autres l'expliquent par une baisse de la production en Côte d'Ivoire, le premier producteur mondial (lire ci-dessous).

Quoi qu'il en soit, en bout de chaîne, c'est le consommateur qui devra passer à la caisse. Petit tour d'horizon des réactions des différents producteurs et distributeurs concernés.

Chez Coop, on observe depuis quelques jours une hausse de 4% en moyenne sur les produits des marques Lindt, Nestlé et Kraft. Pour ce qui est de leur propre marque, aucune décision n'a été prise pour l'instant.

Le géant veveysan de l'agroalimentaire a pour sa part augmenté le prix de vente de ses produits de 4,5% en moyenne, la première fois depuis 1998. Sans nous dévoiler ses secrets, Philippe Oertlé, porte-parole pour la Suisse de Nestlé, explique que le coût des ingrédients représente en moyenne 25% du prix de vente et que leur renchérissement est de 20%. L'impact est donc de 5%. La hausse n'est donc pas entièrement répercutée sur le consommateur.

Migros estime quant à elle avoir augmenté de manière modérée le prix de ses produits. Soit d'environ 10 centimes par 100 grammes sur 60% de sa gamme de produits chocolatés, qui compte 600 articles.

Premiers consommateurs mondiaux

Susan Hoby, porte-parole du distributeur suisse, souligne aussi le fait que les magasins Migros furent parmi les seuls à répercuter la baisse du prix des matières premières sur leurs produits quand ceux-ci étaient au plus bas en 2000.

Il faut cependant relativiser ces hausses car, d'après Chocosuisse, l'union des fabricants suisses de chocolat, si l'on prend 1977 comme année de référence (1977 = 100), le chocolat a nettement moins renchéri (2001 = 130) que l'indice suisse des prix à la consommation (2001 = 185). On apprend par ailleurs que nous sommes, avec 12,3 kg/habitant/an, les champions du monde de la consommation de ce produit à qui l'on prête des vertus aphrodisiaques et antidépressives.