Un coût du conseil plus abordable, des produits toujours plus personnalisés et un nouvel afflux de capitaux permettent de croire que la place financière suisse n’a pas dit son dernier mot. Cependant, pour le particulier qui peut aujourd’hui profiter d’une multitude de possibilités, que ce soit dans le conseil ou les solutions de placement, il est bon de mesurer les avantages réels de la gestion bancaire. Deux études récentes, axées sur les établissements suisses, illustrent bien la problématique: les banques génèrent moins de risque, mais également moins de performance.

Le premier article, paru récemment dans la revue Behavioral and Experimental Finance, compare la performance entre les portefeuilles à mandat de gestion consultatif (également appelé «advisory») et ceux à gestion discrétionnaire. Les données proviennent d’une grande banque suisse, sous anonymat. Les résultats détonnent.

Performance moindre

Dans un mandat consultatif classique, les clients bénéficient de conseils de la part d’un gestionnaire, mais il leur revient de prendre les décisions de placement. A l’inverse, dans un mandat discrétionnaire, le client indique à sa banque ses objectifs d’investissement et c’est elle qui aura la responsabilité de gérer son portefeuille.

Les résultats de cette étude montrent qu’un nombre substantiel de clients sous mandat consultatif ont obtenu des performances significativement plus élevées que le groupe dont le portefeuille était géré par la banque. Première conclusion, donc, les gestionnaires de cette banque ont apporté peu de plus-value.

Une différence de plus de 6% par an

Le mandat consultatif est-il donc la solution à privilégier? Non, répond l’autre étude, publiée dans la Review of Finance, dont les auteurs ont, eux aussi, eu accès à une importante base de données provenant d’une grande banque suisse. Leur but: analyser si les investisseurs qui bénéficiaient de conseils obtenaient de meilleures performances que les clients complètement autonomes.

Encore une fois, la conclusion n’est pas favorable aux banques: les résultats montrent que leurs conseils altèrent la performance globale. En rendements bruts, la différence se monte à 6,3% par an en faveur des clients indépendants. La différence est encore plus grande après déduction des frais.

Les clients en advisory prennent plus de risque

Les conclusions sont sévères à première lecture. Cependant, ces deux études montrent également que les services fournis par les banques offrent plusieurs avantages, le plus important étant la gestion du risque. Dans le premier cas, les portefeuilles sous mandat discrétionnaire affichent un niveau de risque qui est bien inférieur aux portefeuilles sous mandat consultatif. Cette tendance se vérifie également dans le second cas: les clients indépendants, même s’ils obtiennent de meilleures performances, prennent largement plus de risque que les clients sous mandat consultatif.

Dans l’ensemble, ces résultats reflètent bien la volonté des établissements bancaires d’offrir des solutions plus équilibrées et plus stables à long terme. Même si les conseils ou la gestion directe peuvent influencer négativement la performance, notamment à court terme, les services bancaires permettent de réduire certains biais comportementaux des particuliers, notamment leur manque de diversification, qui est souvent source de risque accru. Les banques recherchent donc avant tout une relation de long terme avec leur clientèle, ce qui les pousse vers une gestion plus prudentielle. Au détriment parfois de la performance.