Varioprint fait partie de ces petites et moyennes entreprises inconnues en dehors de leur région d'origine mais qui exportent partout dans le monde. Basée à Heiden, à mi-chemin entre les Préalpes appenzelloises et le lac de Constance, la société est passée en quinze ans du statut d'entreprise familiale à celui d'une firme technologique de pointe. Rachetée par ses cadres en 1993 dans une procédure de «management buy-out», l'entreprise se recentre sur la fabrication de circuits imprimés destinés aux secteurs des télécommunications, de l'industrie et des techniques médicales. Les exportations constituent 70% de ses ventes. En quinze ans, son chiffre d'affaires a triplé à 35 millions de francs en 2007. Ses effectifs ont, eux, doublé à 140 employés.

Le plus étonnant est que toutes les activités de l'entreprise, y compris celles de production et de distribution, sont gérées à partir de Heiden. Est-il plus difficile de recruter du personnel dans une région décentrée? «Pour la production, cela ne pose pas de problème. Pour les cadres, c'est parfois plus difficile. Souvent, nous engageons des gens issus de la région ayant quitté la Suisse orientale mais qui sont désireux d'y retourner pour la qualité de vie», explique Andreas Schmidheini, patron de Varioprint. Diplômé de l'Université de Saint-Gall, il a dirigé auparavant l'unité suisse de la firme américaine Tyco.

Les démarches «expéditives» des autorités administratives d'Appenzell Rhodes-Extérieures sont considérées comme un atout par le directeur de Varioprint. «Pour un nouveau bâtiment dont la construction vient de débuter, nous avons déposé notre demande il y a six semaines seulement.» La société investit chaque année près de 13% de son chiffre d'affaires dans l'innovation. «C'est deux fois plus que la moyenne du secteur», souligne Andreas Schmidheini. La société s'est toujours autofinancée. «Nous sommes très attentifs en matière de coûts. Nous préférons former nos propres employés à de nouvelles fonctions plutôt que de recruter des ingénieurs exigeant des salaires trop élevés. Enfin, les cadres de Varioprint ont un rapport normal envers l'argent et les bonus», plaisante son directeur.

Faut-il délocaliser? La question, plusieurs fois discutée, n'est plus d'actualité. «Sans investissements massifs, il ne vaut pas la peine de s'aventurer en Asie. De plus, Varioprint met l'accent sur une croissance basée sur l'amélioration technologique et non pas sur les volumes. Nous préférons dès lors garder nos activités concentrées à Heiden», insiste Andreas Schmidheini.