Le taux de chômage en Suisse a augmenté en janvier à 4,5%, contre 4,4% en décembre, a annoncé le SECO lundi dans un communiqué. Il reste ainsi à un plus haut depuis mars 1998. Fin janvier, 175 765 étaient inscrites au chômage auprès d’un ORP, soit 3025 de plus qu’un mois plus tôt, soit 47 335 personnes (36,9%) supplémentaires comparé à janvier 2009 où le taux de chômage était encore à 3,3%.

Le chômage des jeunes (15-24 ans) n’a que peu varié par rapport à décembre avec une augmentation de 1% ou 307 personnes. Mais il reste à un niveau élevé, avec 29 979 personnes touchées (+40,3% sur un an), soit un taux de chômage de 5,4%. La tranche d’âge 20-24 ans est particulièrement affectée, avec 23 321 cas, soit un taux de chômage de 6,9%.

Accalmie

Selon Serge Gaillard, chef de la Direction marché du travail du SECO, la situation a mieux évolué qu’escompté. Hormis les secteurs à caractère saisonnier – notamment la construction – l’emploi est resté plutôt stable cet hiver, a-t-il relevé.

Dans l’industrie, la montée du chômage paraît enrayée, même si le recours à des réductions d’horaire reste à un niveau élevé et contribue au report de la création de nouveaux emplois. Mais sans ces mesures le taux de chômage en janvier serait selon M. Gaillard ressorti à encore 0,4 point de plus que les 4,5% calculés.

Et entre mars et juin, le nombre de chômeurs devrait décroître, a estimé M. Gaillard. Il est toutefois encore prématuré de baisser la garde, l’hiver prochain pourrait même voir davantage de personnes sans emploi qu’actuellement, selon lui. Le SECO donnera ses prévisions pour l’année en cours à la fin mars.

M. Gaillard a aussi relevé que d’une manière générale l’économie a détruit moins d’emplois que lors de phases de récession précédentes, à l’exception de l’industrie néanmoins, qui a vu disparaître 30 000 postes. Pour relancer la création d’emplois, une reprise économique vigoureuse est maintenant nécessaire.

Le nombre de demandeurs d’emploi – qui comprend aussi des gens en situation de formation ou de gain intermédiaire – est pour sa part passé à 236 317 personnes en janvier. Ils étaient 1958 de plus qu’en décembre et 56 030 (+31,1%) de plus qu’un an plus tôt, alors que les places vacantes annoncées aux ORP augmentaient de leur côté de 1704 à 12 528.

Neuchâtel souffre

Comme le mois précédent, où Neuchâtel a rejoint Genève, ces deux cantons présentaient en janvier le taux de chômage de loin le plus élevé de Suisse, à 7,3%. Pour tous deux, il s’est encore péjoré de 0,1 point par rapport à décembre.

Fortement touché dans son tissu industriel par la crise économique, Neuchâtel a vu son taux de chômage bondir de 3 points par rapport à janvier 2009, toujours selon les chiffres publiés lundi par le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO). Il s’agit de loin de la plus forte hausse sur un an de tous les cantons suisses, devant le Jura où le taux de 6,3%, resté inchangé sur un mois, est supérieur de 2,3 points à celui de janvier 2009.

A l’exception de Fribourg, avec un taux de chômage de 3,9% (+ 0,1 point sur un mois/+0,5 sur un an), tous les cantons romands se situaient au-dessus de la moyenne nationale de 4,5%. Vaud affichait en janvier un taux de 6,1% (+ 0,2/+1,5 point), le Valais 5,9% (inchangé/+1,1 point). Berne a atteint un taux de 3,3% (+ 0,1/+1,0 point).