Emploi

Chômage partiel: la fin d’une exception

A partir du mois d’août, l’argument du franc fort ne pourra plus être invoqué par les entreprises pour recourir aux indemnités liées à une réduction des horaires de travail. C’est la fin d’une parenthèse qui aura duré trois ans et demi

Le 22 août 2018. A partir de cette date, les entreprises qui demandent des indemnités pour recourir au chômage partiel ne pourront plus avancer l’argument du franc fort.

Lire aussi: Editorial. Les leçons du franc fort

Dans un communiqué diffusé jeudi, le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) signale donc que cette exception prendra fin environ trois ans et demi après l’introduction d’une première directive. C’était le 27 janvier 2015, deux semaines après l’abandon du taux plancher par la Banque nationale suisse (BNS).

L'outil du chômage partiel, ou plutôt son recours facilité, a servi de piston à l'économie suisse. Face au choc de l'envolée du franc, Berne a cherché à éviter que les entreprises soient forcées de se séparer d'employés – et donc de compétences – qu'ils ne pourraient peut-être pas récupérer plus tard. 

«Même niveau qu’avant décembre 2014»

«La situation du franc suisse par rapport à l’euro s’est notablement améliorée depuis l’abandon du cours plancher face à l’euro en janvier 2015, argumente le SECO. Ainsi, le taux de change réel se situe actuellement au même niveau qu’avant décembre 2014. Les variations de change font partie des risques normaux d’exploitation des entreprises.» 

Les employeurs semblent d'ailleurs beaucoup moins demandeurs que par le passé. La baisse du franc face à l'euro, mais aussi et d'abord la reprise de la demande mondiale, a passablement réduit le recours aux réductions des horaires de travail. Depuis la fin de 2016, les chiffres du chômage partiel n'ont cessé de diminuer.

Selon les dernières statistiques publiées par l'OFS (février 2018), il n'y a plus que 159 entreprises qui sont aujourd'hui touchées par le chômage partiel dans le pays. Un an auparavant, elles étaient encore plus de 530. Le nombre d'employés concernés (1818), tout les comme heures de travail perdues (96 741), ont eux aussi dégringolé de 70% en une année. 

Publicité