«Genève n’a pas de souci à se faire»

Conseiller d’Etat chargé de l’Emploi et des affaires sociales, Mauro Poggia demeure relativement optimiste quant à l’impact du franc fort sur l’économie genevoise et le marché du travail. Si le magistrat du Mouvement Citoyens genevois (MCG) s’attend à des effets dans les «quatre à cinq prochains mois», l’édile ne s’attend pas à un recours massif au chômage partiel de la part des entreprises. «Etant donné la structure de notre tissu économique, un fort secteur tertiaire et des établissements tournés vers l’international, nous n’avons que peu de souci à nous faire», commente l’édile. «Sous réserve de licenciements assez discutables annoncés par la banque Julius Baer (LT du 03.02.2015) – le franc fort pouvant être un bon argument pour certaines entreprises pour se séparer de leurs collaborateurs – nous n’avons pas essuyé de licenciements collectifs.»

Prudence de mise

Le conseiller d’Etat concède néanmoins qu’il faut rester prudent, avant de se hasarder à des prévisions précises sur l’impact de l’abandon du taux plancher par la Banque nationale suisse et des conséquences qu’il pourrait avoir sur les prochains taux de chômage. Mardi, son département annonçait une hausse du taux de chômage dans le canton. En progression d’un dixième de point, il s’établit à 5,5% de la population active, représentant 267 chômeurs de plus que le mois passé (+2,1%). Au total, Genève dénombre 12 958 personnes au chômage et 16 061 en attente d’un emploi, soit une hausse de 1,6% pour le mois de janvier 2015. Sont principalement concernés le secteur de la construction (+81), la communication et l’information (+44) ainsi que l’horlogerie (+26).

Mauro Poggia, là encore, se veut rassurant. «Les entreprises licencient traditionnellement au 31 décembre», argue ce dernier.