Le chômage partiel regagne en popularité

Emploi Chaque jour, une trentaine d’entreprises obtient l’autorisation pour réduire les horaires de travail

Les cantons se préparent à une demande accrue

Deux semaines après l’abandon du taux plancher par la BNS, et l’envol du franc face à l’euro, Johann Schneider-Ammann a donné le coup d’envoi. Le 27 janvier, le ministre de l’Economie a facilité l’accès au chômage partiel. Les employeurs en difficulté peuvent à nouveau invoquer le franc fort pour bénéficier de cette assurance-relais et, ainsi, éviter de procéder à des licenciements.

Avant cette date, le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) enregistrait 14 autorisations par jour à l’échelle nationale. Après, ce chiffre a plus que doublé, à 34, selon des informations communiquées mardi. Ce chiffre doit être «considéré avec prudence», relativise la porte-parole du Seco. Rien ne dit que cette tendance se confirmera.

Dans les cantons, en tout cas, aucune avalanche à signaler. «Depuis début février, cinq demandes nous sont parvenues, un chiffre tout à fait dans la moyenne», indique Jean-Marie Monnerat, du Service de l’emploi du canton de Fribourg. Dans le canton de Vaud, une dizaine d’entreprises ont été autorisées à recourir au chômage partiel. En l’état, 360 postes seraient concernés. Un chiffre «très faible», analyse Roger Piccand, le chef du Service de l’emploi, interrogé par l’ATS.

A Neuchâtel non plus, les requêtes n’augmentent pas. Pour l’heure, ce sont surtout les demandes de renseignements qui affluent, depuis l’abandon du taux plancher, témoigne Sandra Zumsteg, la cheffe du Service de l’emploi. Mais «la situation semble être différente en fonction des entreprises. Pour certaines, elle n’est pas jugée alarmante, les grandes marques horlogères, par exemple, réduisent leurs marges. Pour d’autres, comme des fournisseurs horlogers ou des entreprises de l’industrie mécanique, le choc est plus important.» Son service n’est pas encore en mesure de chiffrer l’évolution récente ou future des autorisations de réduction des horaires de travail (RHT). Mais il se prépare. Une «veille active» a été mise en place. Elle inclut une quarantaine de contacts par semaine et une surveillance accrue de la provenance des chômeurs nouvellement inscrits.

Les services cantonaux se remobilisent donc, après une période d’accalmie. L’an dernier, le chômage partiel a reculé, selon les chiffres publiés mardi par le Seco. En novembre 2013, 385 entreprises y recouraient. Ces réductions d’horaires de travail concernaient 4390 employés et représentaient 220 000 heures. Un an plus tard, en novembre 2014, il n’y avait plus que 222 employeurs à utiliser cette assurance. 2492 personnes étaient touchées et les heures perdues s’élevaient à 159 000.

C’est que depuis fin 2013, le recours facilité au chômage partiel avait été aboli. Le franc fort ne pouvait plus être utilisé comme un argument. Aujourd’hui, comme entre 2011 et 2013, «il faut que l’effet du franc fort se matérialise par une baisse du volume de travail, non pas par une baisse du chiffre d’affaires, tient à rappeler Jean-Marie Monnerat, à Fribourg. C’est une nuance fondamentale que les employeurs ne saisissent pas toujours.»

Le vrai retour en grâce du chômage partiel, tous nos interlocuteurs l’attendant cet été, ou au plus tard cet automne.

«L’effet du franc fort doit se matérialiser par une baisse du volume de travail, et non pas du chiffre d’affaires»