En moyenne annuelle, le nombre de chômeurs n’a pas régressé en 2010 au-dessous de la barre des 150 000 personnes. Avec 151 896 personnes sans emploi, la Suisse atteint le niveau le plus élevé depuis 2004 (153 000 chômeurs). La reprise économique s’est certes manifestée par une baisse du chômage à partir de février 2010, mais cette tendance n’a pas compensé la forte progression du nombre de chômeurs en janvier. En effet, de moins de 160 000 en octobre 2009, le nombre de personnes sans emploi a bondi à 175 700 en janvier 2010.

3,4% en 2011 Le taux de chômage moyen en 2010, de 3,9% contre 3,7% en 2009, devrait diminuer cette année pour atteindre 3,4% et rester à ce niveau en 2012, selon les dernières prévisions du Seco. Le phénomène d’élévation constante du socle de chômage à chaque fin de cycle conjoncturel se confirme. Au terme de la crise économique de la fin des années 1990 le nombre de chômeurs, qui avait atteint 188 300 à son apogée en 1997, avait diminué de plus de moitié en 2001, pour se situer à 67 200. Lors de la crise suivante, le nombre de chômeurs avait atteint 153 000 en 2004, mais n’est jamais redescendu au-dessous de la barre des 100 000 (101 700 en 2008).

Le renforcement de ce phénomène d’exclusion du monde du travail est confirmé par l’augmentation de la part de chômeurs de longue durée. D’un peu plus de 10% en 2002, elle représente aujourd’hui quelque 22%.

Neuchâtel et Jura en hausse L’augmentation du taux de chômage en décembre 2010, à 3,8%, contre 3,6% en novembre, s’explique principalement par les pertes d’emploi saisonnières dans la construction. Plus de 5500 chômeurs supplémentaires sont recensés en décembre dans ce secteur, sur un total de nouveaux inscrits de 6968. Le taux de chômage en Valais bondit ainsi à 5,4%, contre 4,2% en novembre. Les difficultés de l’industrie d’exportation, dues à la force du franc suisse face à l’euro, se manifestent par une augmentation de 0,3 points de pourcentage dans les cantons de Neuchâtel et du Jura, qui atteignent un taux de personnes sans emploi de respectivement 6,2%, et 5%, comparé à une moyenne de 3,1% en Suisse alémanique.