La journée de vendredi au Japon a apporté son lot de statistiques inquiétantes qui viennent clore une semaine particulièrement difficile. Le chômage est resté en janvier au niveau record de 4,9% avec, comme corollaire, une augmentation des contrats à temps partiel. Par ailleurs, les prix de détail dans la région de Tokyo ont reculé en février pour le dix-huitième mois consécutif, affichant des baisses de 0,4% sur le mois précédent.

Quant aux dépenses des ménages, elles ont stagné en janvier par rapport à la même période de l'an passé. Cette indication est préoccupante car la consommation compte pour 60% dans la composition du PIB. Cette faible demande des ménages laisse craindre une situation de déflation, voire une récession. Nombre d'analystes en tous les cas sont déjà convaincus de son avènement, même si l'archipel a annoncé vendredi une très légère augmentation de l'inflation (+0,1% en janvier sur un an).

L'état de santé du Japon se reflète également dans les cours boursiers. Après une première tempête en début de semaine, le Nikkei 225 a à nouveau chuté vendredi. Il a perdu 3,3% à 12 261,80 points, son plus bas niveau depuis juillet 1985. L'affaissement du Nikkei est aussi redevable à la chute du Nasdaq américain qui ne cesse d'enfoncer ses plus bas niveaux depuis deux ans.

Face à la situation nippone, le gouvernement et la Banque du Japon (BoJ) se déchirent pour savoir quelles mesures adopter. Le premier a fait une nouvelle fois pression sur l'institut d'émission afin qu'il assouplisse encore sa politique monétaire. La banque centrale a déjà baissé cette semaine son principal taux directeur de 10 points de base. Certains leaders du Parti libéral démocrate demandent encore davantage à la BoJ, notamment l'achat massif d'obligations gouvernementales à long terme. Le gouverneur de la BoJ, peu désireux de revenir à une politique de taux zéro, a contre-attaqué en suggérant au gouvernement de contribuer lui aussi à un redressement de l'économie et de la Bourse par l'adoption, par exemple, d'allégements fiscaux.