Selon un rapport de la Banque mondiale publié mardi, la frêle embellie de l'économie palestinienne constatée en 2003 toucherait à sa fin. Le bouclage des Territoires par l'Etat hébreu, la multiplication des couvre-feux interrompant toute activité durant plusieurs jours voire plusieurs semaines, ainsi que la poursuite de la construction du «mur de séparation» en Cisjordanie ont en effet cassé net l'embryon de reprise constaté il y a un an.

Alors qu'il ne dépassait pas 20% de la population active en 1999, le pourcentage de Palestiniens vivant sous le seuil de pauvreté (450 francs par mois pour une famille de six personnes) est désormais de 47%. Quant au taux de chômage, il est passé de 10% avant l'Intifada à 28,6% en 2004.

Au-delà de leurs conséquences humanitaires, la Banque mondiale estime que les mesures sécuritaires imposées en Cisjordanie et dans la bande de Gaza par Tsahal (l'armée de l'Etat hébreu) entravent également l'activité économique palestinienne et interdisent l'accès du marché international aux producteurs locaux. «Si un changement majeur n'intervient pas dans le régime de bouclage et si des réformes ne sont pas entamées par les Palestiniens afin de favoriser la confiance des investisseurs privés, il y a peu de chances pour que l'économie palestinienne entame une convalescence soutenue», estiment les auteurs de l'étude.

Afin de donner confiance aux investisseurs locaux et étrangers, les experts de la Banque encouragent en tout cas l'Autorité palestinienne à accroître la transparence ainsi que le contrôle sur ses finances grâce à la création d'une autorité de contrôle semblable à la Cour des comptes. Dans la foulée, ils proposent également de privatiser certains services publics, mais tout cela n'est pas envisageable avant le retrait d'Israël des Territoires qu'il réoccupe depuis avril 2002.

A ce propos, le démantèlement annoncé des colonies juives de la bande de Gaza dans le courant de l'été 2005 ne devrait pas favoriser une reprise de l'économie palestinienne locale puisque ce plan prévoit également la fermeture définitive du parc industriel d'Erez. Créée dans la foulée des accords de paix d'Oslo (1997), cette zone mixte comptait plus de cent PME et faisait vivre 3500 familles palestiniennes. Sur ordre du ministre israélien de l'Industrie Ehoud Olmert, la plupart des entreprises qui y étaient implantées se sont repliées sur l'Etat hébreu. Quant à leurs travailleurs palestiniens, ils ont été remplacés par des chômeurs israéliens payés moins que le salaire minimum et par des petites mains asiatiques.