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Emmanuel Macron accueillait Angela Merkel le 19 janvier au Palais de l'Elysée 
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Economie

«Choose France», le slogan de Macron à Davos

Le président français accueille ce lundi à Versailles, juste avant sa venue à Davos, plus de 140 chefs d’entreprise étrangers pour leur demander de «choisir la France». Novartis est en première ligne

Vasant Narasimhan est dans le collimateur de l’Elysée. A la veille de prendre le 1er février la tête du géant pharmaceutique Suisse Novartis, dont il était jusque-là le responsable mondial du développement, ce dernier fera partie lundi des PDG reçus en privé par Emmanuel Macron lors du premier sommet sur l’attractivité française organisé au château de Versailles. Des annonces d’investissement de Novartis dans l’hexagone sont attendues.

Elles devraient figurer parmi les dix plus importantes, dont l’Elysée affirme que leur montant total dépassera le milliard d’euros. Un butin que le président français fera valoir deux jours plus tard au Forum Economique Mondial de Davos, où il s’exprimera mercredi 24 janvier pour un discours en séance plénière, de 17h30 à 18h15. La Chancelière allemande Angela Merkel l’aura précédé de quelques heures.

Lire aussi: Qui est le futur directeur de Novartis? 

Au total, plus de 140 dirigeants d’entreprise étrangers ont répondu présents à l’appel de l’Elysée, sur la route de la station grisonne. Le choix du château de Versailles a évidemment été effectué pour donner le maximum de publicité à ce sommet inédit, qui lancera la campagne «Choose France» (Choisissez la France), probablement appelée à se poursuivre durant le quinquennat.

Choix symbolique: Emmanuel Macron se rendra, avant de rejoindre cette brochette spectaculaire d’hommes d’affaires sur les traces de Louis XIV, à l’usine Toyota de Valenciennes (Nord), l’un des investissements automobiles les plus importants de ces dernières décennies en Europe. Il présidera ensuite un dîner à Versailles, après avoir réservé des apartés à quelques dirigeants dont les annonces sont très attendues: Sheryl Sandberg (Facebook), Sundar Pichai (Google) et Bill Mc Dermott (SAP) se singulariseront, tout comme Vasant Narasimhan.

«Promouvoir la marque France»

L’idée de ce sommet sur l’attractivité française avait germé durant la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron. Conseiller de François Hollande, puis ministre de l’économie (2014-2016), ce dernier avait plusieurs fois dit son insatisfaction face aux réunions périodiques d’un «Conseil stratégique de l’attractivité» composé d’une trentaine de dirigeants d’entreprise étrangers et de personnalités, dont faisait partie l’ancien patron de Nestlé Peter Brabeck. Ce dernier avait intégré cette instance consultative sur la suggestion de l’actuel Chef de l’Etat Français, qui l’avait connu comme banquier chez Rotschild, alors qu’il négociait pour le compte de la multinationale helvétique le rachat de la branche nutrition de Pfizer.

«Ce sommet témoigne d’une nouvelle phase, plus active, explique-t-on à l’Elysée. Tous les segments industriels seront représentés. Des entreprises phares de la mondialisation comme Coca Cola, UPS ou Fedex, seront au rendez-vous. On est dans un exercice très différent du Conseil. Il ne s’agit plus de savoir ce qu’il faut faire, mais de promouvoir notre marque France»

L’une des chevilles ouvrières de ce sommet est Emmanuel Miquel, ancien manager pour le fond de capital-risque Ardian et pour JP Morgan, et conseiller en charge pour l’attractivité à l’Elysée. Mais le gouvernement français dans son ensemble sera mobilisé. Quinze ministres seront présents tout au long de la journée de lundi, conduits par Bruno Le Maire (Finance), Mounir Mahjoubi (Numérique), Muriel Penicaud (Travail) et le député mathématicien Cedric Vilani (intelligence artificielle). La campagne «Choose France» pourrait devenir emblématique comme l’a été pour le Royaume-Uni, ces dernières années, la campagne «Great Britain».

Attirer les institutions bancaires

«Nous y réfléchissons, c’est notre point de comparaison» reconnaît l’entourage présidentiel alors que la place financière de Paris multiplie les efforts pour attirer les institutions bancaires inquiètes du Brexit. Quatre grandes banques seront d’ailleurs représentées à Versailles: JP Morgan, Bank of America, HSBC (qui a récemment négocié l’abandon de poursuites judiciaires contre une amende de 300 millions d’euros) et Goldman Sachs. Ni UBS – en attente de son procès en France pour fraude fiscale – ni le Crédit Suisse ne seront en revanche présents.

Le sommet de Versailles suit de peu l’annonce, le 19 janvier, d’une nouvelle commande de 36 avions gros-porteurs Airbus A 380 par les Emirats Arabes Unis. Commande dont dépendait le sort de cet avion qui pèse très lourd dans les finances du constructeur aérien européen. Dix années de production sont désormais garanties pour cet appareil.

Un autre dossier sera sur le devant de la scène: celui de l’usine Bosch d’Onet le Château (Aveyron) près de Rodez, où l’usine de pièces automobiles pour le diesel – technologie peu à peu abandonnée – emploie 1600 personnes en direct et près de 8000 sous traitants. Preuve que l’attractivité, version Macron, vise d’abord le secteur privé: le Journal du dimanche a révélé hier la décision du gouvernement français d’abandonner la candidature de l’hexagone à l’exposition universelle 2025 sur le site de Paris-Saclay, coordonné par l’ancien patron de l’OMC Pascal lamy. Le risque de déficit a été jugé trop élevé, à l’heure des réductions de dépenses publiques.

Lire aussi: Davos sous le signe du réveil européen 

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