Horlogerie

Chopard célèbre sereinement les 20 ans de sa manufacture

Malgré un recul d’un quart du volume de montres écoulées en 2016, Karl-Friedriech Scheufele veut éviter à tout prix de devoir licencier son personnel

A l’heure de la présentation officielle, il semblait un brin ému. Lundi en toute fin d’après-midi, Karl-Friedrich Scheufele, coprésident et chef de la division horlogère de la marque familiale Chopard, était heureux de pouvoir présenter la première montre L.U.C. Répétitions-Minutes de sa collection. Une complication qui «est le Saint-Graal de l’horlogerie», a-t-il affirmé devant un public composé essentiellement de journalistes du monde entier, mais également de membres de la famille Scheufele.

Ce n’est pas une coïncidence si le lancement de cette montre – qui a nécessité près de 17’000 heures de recherches et développement et coûtera 245’000 francs – tombe l’année où leur manufacture de mouvements à Fleurier (NE) qui emploie environ 160 personnes célèbre ses vingt ans. «C’était mon rêve de la présenter encore cette année. Mais si les tests n’avaient pas été concluants, j’aurais dû, à contrecœur, prendre une autre décision», assure-t-il.

De 80’000 à 60’000 pièces

Cet anniversaire est marqué par un contexte difficile pour l’horlogerie. Dernier exemple en date, vendredi, le groupe Richemont annonçait une nouvelle fois devoir «résoudre les problèmes de surcapacités» de ses manufactures. Du côté de Chopard, on se dit plus serein, même si le nombre de pièces écoulé passera de 80’000 pièces en 2015 à 60’000 en 2016, confie Karl-Friedrich Scheufele.

«Nous avons notre pilier bijouterie et joaillerie qui nous soutient. Nos marchés horlogers sont bien répartis et notre distribution en propre nous a beaucoup aidés», relève le patron. Aucun licenciement n’est donc en vue? «Nous avons dû introduire un horaire réduit pendant une période, mais notre maxime, c’est de préserver les savoir-faire à tout prix. Alors oui, nul ne connaît le niveau des commandes de l’année prochaine, mais notre premier choix se portera toujours sur le maintien des compétences à l’interne.»

Du premier calibre au premier chrono

Des crises, les Scheufele en ont connu d’autres. Mais à l’heure des réjouissances, le patron préfère revenir sur des épisodes plus heureux. Des vingt années passées depuis l’ouverture de la manufacture, Karl-Friedrich Scheufele garde trois souvenirs marquants. D’abord, la sortie du premier mouvement de la maison, le 1.96. «Nous avons pu modestement ouvrir les bouteilles de champagne et fêter cela dans le petit atelier de l’époque.» C’était en 1996, la montre équipée de ce premier mouvement est sortie en 1997.

Autre souvenir, le cap des dix ans. «Dans le même esprit qu’aujourd’hui, nous avions sorti notre premier mouvement chronographe comme cadeau d’anniversaire, se rappelle-t-il. Je n’avais absolument pas mesuré le défi que cela représentait car je ne voulais pas écouter ce que disait notre responsable…»

Troisième souvenir, l’ouverture de la fabrique de mouvements Fleurier Ebauches en 2008, à quelques centaines de mètres de la manufacture. Pour Karl-Friedrich Scheufele, cela a marqué la découverte d’un univers plus industriel. «Dans notre manufacture, nous avons le luxe de réaliser des finitions très intéressantes, détaillées. Si l’on appliquait les mêmes idées chez Fleurier Ebauches, le prix de revient de nos pièces serait beaucoup trop élevé!» 

Lire aussi: Karl-Friedrich Scheufele: «Hongkong va perdre sa suprématie», 17.12.2015

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