Chopard virevolte. La marque genevoise de joaillerie-horlogerie investit dans ses capacités de production pour mieux anticiper l'avenir. «Nous venons d'acheter un terrain et un bâtiment à Fleurier (NE), d'une surface utile de 2500 m2, qui va prochainement être rénové», a révélé au Temps Karl-Friedrich Scheufele, coprésident de la société de luxe. Au total, Chopard investira environ 15 millions de francs dans le Val-de-Travers neuchâtelois. La manufacture horlogère de Fleurier se trouve donc déjà à l'étroit, alors qu'elle a vu le jour il y a onze ans.

«Au départ, ce site comptait trois collaborateurs. Aujourd'hui, nous sommes 130. A terme, lorsque le nouveau bâtiment sera opérationnel, le site accueillera au moins 200 personnes», se réjouit Karl-Friedrich Scheufele. La manufacture entre donc dans une deuxième phase. «Oui nous avons encore un peu d'ambition», lance en toute modestie ce passionné d'automobile. A terme, Fleurier sera en mesure de produire 15000 à 20000 mouvements maison.

Pour autant, le siège de Meyrin (GE) n'est pas négligé. Là aussi, Chopard s'étend. L'entreprise s'est emparée cet été d'un bâtiment de 3200 m2 situé sur un terrain de 9800 m2. «Ce rachat s'inscrit dans la lignée de la construction en 2006 d'une nouvelle halle», précise Karl-Friedrich Scheufele. Du coup, Chopard dispose d'une surface utile de 24000 m2 sur un terrain qui totalise 64000 m2. Une quarantaine de métiers différents s'y côtoient et le processus de verticalisation de la production devrait se poursuivre. Alors que le groupe a créé une centaine d'emplois cette année en Suisse, les effectifs de Chopard se montent désormais à 1650 personnes. De nouveaux postes verront également le jour l'an prochain.

Pas d'effet «subprime»

Pour sa part, le réseau de boutiques Chopard continuera de s'étendre «au gré des opportunités». La centième vient d'ouvrir ses portes sur Madison Avenue à New York. Ces prochaines années, la prééminence sera donnée à l'Asie. Deux nouvelles boutiques à Pékin sont déjà à l'agenda de 2008. En ce qui concerne la marche des affaires, «nous pensons pouvoir dire qu'il s'agit d'une excellente année». Karl-Friedrich Scheufele table sur une croissance à deux chiffres. Donc au moins de 10%. Ce qui veut dire que la barre des 800 millions de francs devrait allégrement être franchie puisque le groupe avait réalisé en 2006 des ventes de 720 millions. La société de luxe, fondée en 1860, ne ressent pour l'heure aucun impact sur ses affaires de la crise du marché financier aux Etats-Unis.