Innovation

Chris Martin: «La Health Valley romande doit encore mûrir»

ADC Therapeutics vient de lever 200 millions de dollars supplémentaires. La start-up vaudoise, spécialisée dans les médicaments contre le cancer, signe ainsi le plus important financement biotech en Europe depuis 2015. Les explications de son directeur général, Chris Martin

Fondée en 2012 par quatre vétérans de l’industrie pharmaceutique, ADC Therapeutics (ADCT) a officialisé ce lundi une nouvelle levée de fonds: 200 millions de dollars. Un record jamais atteint dans le domaine biotech depuis 2015. Le montant provient notamment d’investisseurs privés existants, dont l’américain Auven Therapeutics, principal actionnaire de la start-up vaudoise.

Objectif de cette dernière ronde de financement: poursuivre deux programmes majeurs de recherche en oncologie, jusqu’au terme de leur phase d’enregistrement prévue en 2018. Mais aussi doper d’autres tests cliniques phares et accélérer le développement de traitements expérimentaux contre certaines tumeurs.
La jeune pousse, basée au Biopôle d’Epalinges, a récolté à ce jour près d’un demi-milliard de dollars de capitaux. Elle a presque triplé ces deux dernières années ses effectifs, répartis entre Lausanne, Londres, San Francisco et le New Jersey. Entretien avec son directeur général, Chris Martin.

Le Temps: Que pensez-vous de la Health Valley romande?
Chris Martin: Le nombre de nouvelles entreprises qui rejoignent cet écosystème est très encourageant. Mais la Health Valley doit encore mûrir un peu. Notre présence à Lausanne est complémentaire à nos autres implantations. Nous n’avons pour l’heure aucune peine à recruter des talents, que ce soit localement ou en provenance de l’étranger.

A combien s’élève le chiffre d’affaires d’ADCT, que vous dirigez depuis l’été 2015?
Il est assez faible. Nous générons un peu de revenus via des collaborations externes, mais nous sommes encore en phase de développement. Le potentiel que renferment à terme nos huit programmes cliniques prévus est important. Il se chiffre, pour chaque molécule, à plus d’un milliard de dollars de ventes par année à l’échelle mondiale.

Quels sont vos effectifs?
Pour l’heure, nous employons 66 salariés, dont 14 à Lausanne. Vu notre forte croissance, nous devrions dépasser les 70 collaborateurs d’ici à la fin de cette année.

Comment voyez-vous évoluer vos activités?
La prochaine étape est d’obtenir le feu vert aux Etats-Unis, puis en Europe pour commercialiser nos médicaments les plus aboutis. Nous prévoyons également de développer d’autres traitements très ciblés.

Cela implique-t-il de recourir à davantage de malades pour tester vos molécules?
A ce stade, environ 250 patients ont été enrôlés dans les différents essais cliniques. Mais ces douze prochains mois, nous espérons doubler leur nombre. Il s’agit généralement de personnes malades sur qui les thérapies existantes n’ont produit aucun effet et pour lesquelles il n’existe plus d’alternative.

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