Questions à

La Chine a amorcé un rebond en novembre dernier. La preuve, son activité manufacturière a connu sa première expansion en treize mois. De manière générale, les récentes statistiques suggèrent que l’économie chinoise, en décélération ces derniers mois, montre des signes de stabilisation. Aujourd’hui, les politiques d’assouplissement quantitatifs des banques centrales et les basses évaluations du marché des actions offrent des perspectives de rebond sur le marché des titres de participation à court terme. Ainsi, le fonds Allianz China Equity est investi essentiellement en actions et en titres équivalents (titres synthétiques reproduisant la performance d’une action chinoise) de sociétés constituées en Chine ou tirant l’essentiel de leurs bénéfices de la Chine. Retour sur ce rebond de la croissance avec sa gérante, Christina Chung.

Le Temps: Comment analysez-vous l’évolution de la croissance en Chine?

Christina Chung: Nous pensons que la croissance de ce pays est en train de reprendre des forces et devrait avoisiner les 7 à 8% en 2013. Plus stable, l’économie présente des améliorations. La politique monétaire devrait être neutre l’an prochain. Les taux d’intérêt ne devraient pas diminuer et le taux d’inflation pourrait encore décroître légèrement. Ainsi, les données économiques sont plutôt favorables à une reprise de la croissance des revenus des entreprises. Les valeurs des titres restent bon marché en Chine, nous tablons donc sur une progression de la bourse.

– Comment évaluez-vous le risque politique?

– La Chine aura un nouveau dirigeant en poste dès le mois de mars prochain. Il devrait poursuivre sur la voie des réformes en cours et permettre une évolution régulière de l’économie. Ainsi, le taux d’urbanisation va continuer de croître. L’environnement et la santé sont aussi des sujets de discussion. Ce contexte est ainsi favorable à la consommation intérieure et devrait permettre à la Chine d’accéder à son prochain niveau de croissance. Plus tard, la croissance reprendra donc avec plus de vigueur lorsque les changements et les restructurations auront été réalisés. Mais il est encore un peu tôt pour estimer leurs effets.

– Comment sélectionnez-vous les investissements?

– Nous sélectionnons des domaines avec un fort potentiel de développement et une stabilité sur les années à venir. Parmi eux, les chemins de fer nous intéressent beaucoup. Par ailleurs, le domaine immobilier est en pleine transformation et présente des résultats encore meilleurs que prévu. Il existe de nombreux projets de construction destinés à la vente et qui offrent un potentiel de générer d’importants flux de liquidité. Nous pensons que les investissements ne vont pas ralentir sur le marché immobilier.

– Qu’en est-il de la consommation interne de la Chine?

– Nous prévoyons une hausse de la consommation intérieure à deux chiffres en 2013. Cette branche est un vecteur constant de la croissance du pays. De plus, elle constitue un facteur de transition qui va remplacer la croissance issue des exportations, en perte de vitesse avec la morosité de l’économie mondiale, et surtout du ralentissement dans la zone euro. Le commerce extérieur souffre fortement d’un environnement incertain. Ainsi, le secteur manufacturier est marqué par la baisse de la demande d’exportation et ne va pas reprendre l’année prochaine. On y voit apparaître un certain déclin des rendements sur investissements. Le domaine du commerce de détail est aussi affecté et sa reprise intervient petit à petit.

– Quelle est la structure de votre fonds?

– Il est composé d’environ 43 positions de différentes tailles de capitalisation. Nous sommes sous-pondérés sur les matières premières et l’énergie (17%), car ces domaines subissent la mauvaise conjoncture. Les banques et la finance constituent la plus grande part de notre portefeuille avec 38,8%. Cependant, nous restons prudents avec les titres bancaires, car le secteur souffre de problèmes d’ordre structurel en lien avec la libéralisation du secteur financier. Nous sommes positifs sur l’industrie (12,8%). Il existe une multitude de projets lancés par les autorités avec de belles enveloppes à la clé. Nous suivons aussi l’évolution de la distribution du gaz naturel qui affiche un taux de croissance intéressant.

– Vous êtes positifs sur les technologies, pourquoi?

– On observe une forte demande pour les services de technologies de l’information (IT) en Chine avec le développement notamment des assurances vie, des télécommunications, du commerce de détail et le commerce en ligne. La publicité en ligne est un autre créneau qui va certainement croître à grande vitesse à l’avenir.

* Gérante du fonds Allianz China Equity Share Class AT