Les dirigeants des sept pays les plus industrialisés (G7) – Etats-Unis, Canada, Japon, Allemagne, Grande-Bretagne, France et Italie choisiront le prochain directeur du Fonds monétaire international (FMI) lors de leur rencontre au sommet les 27 et 28 mai à Deauville, en France. Introniseront-ils la ministre française de l’Economie et des finances Christine Lagarde pour succéder à Dominique Strauss-Kahn pris dans une affaire de justice? En tout cas, elle est donnée favorite et elle bénéficierait d’un soutien quasi unanime au sein de l’Union européenne.

Un bloc imbattable

Plusieurs dirigeants européens, notamment la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont affirmé ces derniers jours que la direction du FMI doit revenir à un Européen, en mettant en avant deux raisons. Premièrement: suivant le dicton «qui paie commande», les pays du Vieux Continent détiennent le plus grand nombre de droits de vote au sein du FMI. Un bloc imbattable qui peut aussi compter sur ses alliés naturels: Etats-Unis, Canada, Suisse, Japon et Australie.

Ensuite, ils plaident en faveur d’un Européen qui, selon eux, serait le mieux placé pour comprendre la crise de la dette qui frappe notamment la Grèce, le Portugal et l’Irlande. «L’Europe se devait de réagir vite. Il faut prendre le poste tout de suite», a expliqué une source européenne à l’AFP.

Même si Christine Lagarde apparaît comme favorite dans la course, elle n’a publiquement montré aucun intérêt pour le poste à Washington. A Paris, ni l’Elysée ni Matignon m’ont donné le feu vert à sa candidature. A Bruxelles, la ministre française n’est pas considérée comme ayant été l’élément moteur des plans de sauvetage. Elle a surtout joué le rôle d’intermédiaire auprès de Wolfgang Schäuble, ministre allemand des Finances. Son grand atout est le soutien anglo-saxon, plus particulièrement de la presse. Ses discours sont toujours prisés de The Economist et du Financial Times. Jean-Claude Juncker l’a toujours tenue à distance, car l’on disait qu’elle lorgnait la présidence de l’Eurogroupe.

Alors qu’il est certain que les Etats-Unis ne brigueront pas la direction au FMI (ils occupent déjà celle de la Banque mondiale), les pays émergents – ils ne pèsent pas beaucoup sur l’actionnariat du FMI – multiplient les appels pour recruter un directeur en fonction de ses compétences et non pas selon son appartenance géographique. Le Mexique a annoncé la candidature d’Augustin Carsten, gouverneur de la banque centrale. Le Brésil votera pour tout candidat qui poursuivra les réformes pour démocratiser le FMI.