Christine Lagarde écarte l’idéede reports de paiement de la Grèce

Dette Athènes fait face à des partenaires plus tendus que jamais

La Grèce se retrouvait jeudi au centre des réunions de printemps à Washington du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, Athènes faisant face à des partenaires plus tendus que jamais tout en cherchant à échapper au défaut sur sa dette.

Le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, veut profiter de sa présence à Washington pour convaincre ses homologues qu’Athènes reste digne de confiance. Il a rencontré jeudi la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, et ils «ont convenu de progresser rapidement» sur les mesures permettant à la Grèce de recevoir les 7,2 milliards d’euros qu’elle attend, a indiqué le FMI.

Mais Christine Lagarde a affirmé lors d’une conférence de presse qu’il n’y aurait pas de traitement de faveur pour la Grèce, endettée auprès du Fonds, et confrontée à des échéances de remboursement régulières. Selon des informations de presse, démenties à Athènes, la Grèce aurait demandé un report de ses échéances les plus immédiates. «Aucun pays développé n’a jamais demandé de délai» pour rembourser et «c’est clairement une voie qui ne serait pas adaptée ni recommandable», a lancé la directrice générale du FMI.

Exaspération

Athènes assure être en mesure de régler son dû pour avril, mais le doute persiste pour des paiements attendus en mai. D’ici là, le gouvernement dominé par le parti de gauche radicale Syriza doit faire valider par ses partenaires européens une liste de réformes, afin de libérer l’aide de plus de 7 milliards d’euros.

La Commission européenne a aussi manifesté jeudi une certaine exaspération en faisant savoir qu’elle n’était «pas satisfaite du niveau de progrès accompli» par les autorités du pays. Le commissaire aux Affaires économiques et financières Pierre Moscovici, lors d’un débat à Washington, a refusé de «spéculer sur d’autres scénarios» que celui d’un accord avec la Grèce. Mais il a reconnu que les discussions devaient aller «plus vite», ce qui demande à «toutes les parties de négocier sérieusement […] et avec bonne foi».

Du coup, les taux grecs se sont considérablement tendus sur les marchés financiers. Le taux grec à 10 ans a renoué avec des niveaux inédits depuis 2012, quand il est brièvement monté à 13,203% en cours de séance, au plus haut depuis la mi-décembre 2012, avant de redescendre pour s’établir à 12,726 à la clôture vers 16h15 GMT.