La zone euro comporte trop de déséquilibres. La ministre française des Finances, Christine Lagarde, a estimé que l’excédent commercial de l’Allemagne pourrait être insupportable pour ses voisins de la zone euro, dans une interview publiée lundi par le quotidien économique Financial Times (FT).

«Ceux avec des excédents pourraient-ils faire un petit quelque chose? Chacun doit y mettre du sien», a-t-elle déclaré au FT, reconnaissant au passage que le sujet est «extrêmement sensible».

Sans tabous

«Il est clair que l’Allemagne a accompli un extrêmement bon travail au cours des dix dernières années environ, améliorant la compétitivité, exerçant une forte pression sur ses coûts de main d’œuvre», a-t-elle expliqué. «Je ne suis pas sûre que ce soit un modèle viable à long terme et pour l’ensemble du groupe (de la zone euro). Il est clair que nous avons besoin d’une meilleure convergence». Et un peu plus loin: «il faut un peu plus de sentiment d’appartenance collective., de destin commun».

Mme Lagarde a également estimé que l’idée, soutenue par le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaeuble, d’un Fonds monétaire européen pour aider les pays membres de la zone euro en crise, n’était pas une priorité pour la zone euro: c’est «une aventure qui nous prendrait encore de 3 à 5 ans»

Un FME n’est pas la priorité

L’idée de créer, sur le modèle du Fonds monétaire international (FMI), un mécanisme d’entraide pour les pays de la zone euro confrontés à des difficultés financières, fait son chemin en raison de la crise financière grecque.

Selon la ministre française, la zone euro doit au préalable s’assurer que la Grèce respecte les mesures d’austérité auxquelles elle s’est engagée, ensuite faire montre «d’un peu de créativité et d’innovation» et utiliser les règles européennes en vigueur pour renforcer la discipline budgétaire.

Les ministres des Finances de l’UE doivent se réunir lundi pour discuter de l’aide à apporter à la Grèce, plombée par une dette de 300 milliards d’euros.