Le Temps: La convention de double imposition entre la Suisse et la France va-t-elle simplement être interprétée différemment, ou y a-t-il la possibilité de changer une ou deux virgules de l’accord pour éviter, notamment, l’utilisation de données bancaires «volées»? Christine Lagarde: Nous avons négocié longuement un protocole d’accord. Maintenant, il faut l’interpréter de la manière la plus juste, la plus conforme aux intérêts de la transparence et d’un nouveau modèle économique et financier voulu par l’ensemble des pays du G20. Il s’agit d’éviter la fraude, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Nous partageons les mêmes objectifs entre autorités. Et c’est sur ce chemin-là que nous avançons pour trouver un bon accord, et surtout une bonne interprétation.

– Pouvez-vous confirmer l’information selon laquelle, dans le cadre de l’affaire Falciani, la France s’apprête à donner le listing des données bancaires à vos voisins allemands? - (Euh…) Nous sommes en relation d’amitié et de recherche d’un accord entre la Suisse et la France, satisfaisant pour les deux parties. Avec mon collège Eric Woerth, nous avons rencontré nos homologues de la Confédération. Nous travaillons sur la bonne interprétation, précise et claire, qu’il convient de donner au protocole d’accord qui a été signé au mois d’août entre la France et la Suisse pour éviter la double imposition. Je crois que nous travaillons dans cet esprit. Je ne veux pas polémiquer ou argumenter sur les transferts d’informations. Chacun doit travailler en bonne intelligence et nous devons trouver un accord satisfaisant. C’est ce à quoi nous nous attachons.

– Y a-t-il eu transmission de données à l’Allemagne, oui ou non? - Je vous l’ai dit. Nous travaillons entre autorités fiscales. C’est ce que nous faisons actuellement.

– On a l’impression, dans ce dossier, que seule la Suisse a fait des concessions…- (Mme Christine Lagarde quitte les journalistes avec détermination, sans répondre à cette question)