La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, répète dans un entretien paru lundi en Allemagne sa demande critiquée d’une recapitalisation des banques européennes.

«Nous estimons de manière générale qu’il est nécessaire de recapitaliser les banques européennes afin qu’elles soient assez fortes pour résister aux risques liés à la crise de la dette et à la faible croissance, a-t-elle dit à l’hebdomadaire Der Spiegel. Cela est nécessaire pour éviter une contagion des problèmes.»

Christine Lagarde avait suscité des réactions indignées en Europe en appelant déjà il y a quelques jours à renforcer de manière urgente les fonds propres des banques européennes.

La patronne du FMI, qui alors qu’elle était ministre française des Finances avait critiqué la dépendance de l’Allemagne aux exportations et sa consommation insuffisante, appelle par ailleurs dans cet entretien Berlin à «stimuler sa demande intérieure, ce serait bon pour l’économie allemande et pour les pays voisins».

Elle estime enfin que «l’idée générale derrière l’introduction de règles d’or budgétaires est bonne», tout en estimant que l’inscription dans la constitution de limites d’endettement public «doit se comprendre comme un signal aux marchés financiers».

L’Allemagne et la France ont appelé les pays de la zone euro à se doter de telles règles d’or, et l’Espagne a répondu à l’appel, bien que cette initiative ait été critiquée par le président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy.

Par ailleurs, la directrice du FMI demande aussi à l’Europe et aux Etats-Unis de prendre des mesures de relance pour stimuler la croissance économique, dans les cas où c’est possible, pour répondre à la crise de confiance qui affecte l’économie mondiale. «Si les Etats-Unis lancent un programme crédible d’ajustement à moyen terme, il y a sans doute de la marge pour abandonner les mesures d’austérité à court terme et présenter des mesures pour soutenir la croissance», ajoute-t-elle dans le Spiegel.