Christophe Claret simplifie l’un de ses best-sellers

Luxe L’horloger indépendant propose une version «allégée» et moins chère de la Margot

Christophe Claret tente un pari. Encore tout auréolé de sa victoire – dans la catégorie «haute mécanique pour dame» – au Grand Prix de l’horlogerie de Genève 2014, avec son modèle Margot, l’horloger indépendant veut capitaliser sur ce succès. Il lance donc la Marguerite, une petite sœur «allégée» – moins compliquée – qui a été présentée à la presse lundi à Neuchâtel.

Le prix de la Margot se situe entre 198 000 et 278 000 francs. Depuis octobre dernier, il s’en est vendu une par mois, parfois plus, à travers le monde, se félicite le fondateur et patron de l’entreprise éponyme: «Elle devient une référence. Elle marche mieux que certains de nos modèles masculins», assure-t-il à propos d’une montre présentée comme «la première grande complication féminine à ne pas être une déclinaison d’un modèle masculin».

Mais il y a un bémol: son prix. «Régulièrement, des clients nous font savoir qu’ils regrettent de ne pas pouvoir se l’offrir.» De ces frustrations est donc née la Marguerite, avec ses deux papillons en guise d’aiguilles, l’un pour l’heure, l’autre pour les minutes, qui… papillonnent autour d’une… marguerite.

Le design de cette pièce «plus simple» s’inspire largement de la Margot. A plusieurs différences près. Elle n’est pas équipée d’un mécanisme d’effeuillage aléatoire, qui dévoile à sa propriétaire si son amour l’aime un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout. Sur la Marguerite, la question est binaire: «M’aime-t-il?» La réponse, révélée par un cadran en mosaïque pivotant, est toujours la même: «Il m’aime passionnément.» Son sertissage ne compte «que» 100 diamants, contre environ 400 pour le modèle phare. Enfin, son prix est «plus abordable». Les quatre déclinaisons, toutes limitées à 30 pièces, seront vendues 69 000 francs.

Un marché moins facile

Si la Margot est parfois trop chère, elle est aussi jugée trop imposante pour le poignet féminin moyen, comme l’ont considéré quelques observateurs. La Marguerite, elle, est moins épaisse. De 3 mm. Soit 30 à 35% de poids en moins, estime rapidement le patron de l’entreprise qui emploie un peu plus de 100 personnes, sur les hauteurs du Locle.

Le risque de cannibalisation? Il existe, concède Christophe Claret: «C’est LA grande question. Mais cela fait presque trente ans que je prends des risques, et ils se sont souvent avérés payants. Ceux qui ont les moyens ne vont pas renoncer à la Margot, qui est une grande complication», insiste-t-il. La Marguerite, elle, est «une petite animation», résume celui qui a repris la direction opérationnelle, depuis le départ du directeur général, Wolfgang Sickenberg, fin avril.

Ce pari du plus abordable, c’est aussi une façon de s’adapter à des marchés «pas faciles», depuis quelques mois. «Les riches n’ont pas disparu, se rassure l’horloger. Ils ont toujours les moyens. Leur retenue est surtout liée à l’effet psychologique de cette crise.»