Le marché des devises est très peu volatil avant la publication de plusieurs indicateurs économiques en Europe et aux Etats-Unis cette semaine. Après avoir atteint un plus haut à 1,5285 contre l'euro, 1,0625 contre le franc suisse et 105,70 contre le yen au début du mois de mai, le dollar s'affaiblit de nouveau pour s'installer dans des fourchettes neutres à 1,5300 - 1,5600 contre l'euro, 1,0400 - 1,0600 contre le franc suisse et 103,00 - 105,00 contre le yen. Durant le mois de mai, le USD/CHF a tenté par cinq fois, sans succès, de casser 1,06.

Le marché est indécis quant à l'évolution future du billet vert. Le dollar résiste bien à la hausse persistante des matières premières, à la chute de la production industrielle en avril et du moral des consommateurs américains au plus bas niveau depuis vingt-huit ans, et même aux suppressions d'emplois de différentes banques d'affaires aux Etats-Unis. Cependant, quelques signes de fin de crise financière apparaissent, comme par exemple les mises en chantier qui, à la surprise générale, ont bondi de 8,2% en avril ainsi que les permis de construire en forte hausse de 4,9%. Certains intervenants pensent que la baisse du billet vert est terminée, prétextant la fin du cycle de baisse des taux de la Réserve fédérale américaine et que cette dernière devrait maintenant se concentrer sur l'inflation. La Fed a baissé son principal taux directeur de 3,25 points à 2% actuellement depuis septembre 2007, afin de lutter contre la crise du crédit immobilier à risque, alors que la Banque centrale européenne, qui opte pour une politique basée sur la stabilité des prix, a laissé son taux directeur inchangé à 4%. Une inflation jugée trop forte aux Etats-Unis pourrait signaler une hausse des taux, ce qui devrait diminuer le différentiel de taux d'intérêt en défaveur du dollar (face à l'euro). Un tel cas de figure pourrait inciter le marché à se porter acquéreur de dollars.

En Suisse, la crise du crédit et le ralentissement de l'économie américaine n'ont pas empêché les ménages de consommer en mars. Néanmoins, l'indice du climat de consommation a fortement reculé en avril, alors que l'évolution économique des 12 prochains mois s'est dégradée. La Banque nationale suisse, qui reconnaît des risques baissiers pour la croissance helvétique, ne devrait cependant pas assouplir sa politique monétaire avant le second semestre.

Du point de vue technique, l'EUR/USD est attendu en hausse à 1,5820 ou même 1,5925, les supports sont à 1,5520 et 1,5480. Une cassure de 1,5270 remet en cause cette hausse attendue. L'USD/CHF est attendu en baisse à 1,0008 ou 0,9670, les résistances sont à 1,0490 - 1,0530. Une cassure de 1,0650 remet en cause cette baisse attendue. L'USD/JPY est attendu en baisse à 97,50, les résistances sont à 104,25 et 104,75. l'EUR/CHF est attendu en baisse à 1,6025 ou 1,5915 depuis 1,6350-1,6430.