Le club des pays riches du G7 s'est déclaré prêt lundi à coopérer pour freiner l'envolée du yen. Le G7 s'est inquiété de la «volatilité excessive du yen» et s'est déclaré prêt à «coopérer» pour rétablir le calme et la stabilité sur les marchés. Ce bref communiqué n'a eu presque aucun effet sur le marché des changes, après une très légère baisse à 94,50 contre le dollar et 119,50 contre l'euro, la devise japonaise continue son ascension. Le marché s'interroge maintenant sur la possibilité d'une intervention du gouvernement japonais pour tenter de calmer la hausse du yen, nuisible pour l'économie japonaise. La Banque du Japon n'est pas intervenue sur le marché des changes depuis mars 2004.

La crise actuelle est tellement grave que les gouvernements agissent de manière agressive pour limiter l'effondrement de leur économie et de leur marché financier: en Corée du Sud, la banque centrale a procédé à une baisse surprise de 75 points de base de son taux directeur à 4,25%; en Australie, la banque centrale est intervenue lundi pour soutenir le dollar australien, qui a perdu 37% de sa valeur face au dollar américain depuis juillet; le FMI a volé vendredi au secours de l'Islande ruinée par la déconfiture de son système bancaire, en lui accordant un prêt de 2,1 milliards de dollars, le premier consenti à un pays de l'Europe de l'Ouest depuis 1976; la banque centrale de Suède a abaissé jeudi passé son principal taux directeur de 4,25% à 3,75%, ajoutant que ce taux devrait encore être réduit de 50 points de base au cours des six prochains mois; au Brésil, la banque centrale a déjà injecté 23 milliards de dollars pour freiner la chute de la devise nationale.

Les fortes hausses du dollar, du yen et du franc suisse, qui sont principalement dues à des mouvements spéculatifs dans un environnement de panique générale, ont des effets néfastes sur les autres économies et marchés financiers. Pour y remédier, nous pensons qu'il faut s'attendre prochainement à des mesures sur les taux, des interventions verbales, voire des interventions directes sur le marché des changes. La première mesure pour freiner la hausse du billet vert devrait être une baisse des taux de la Réserve fédérale américaine mercredi, une baisse de 50 à 100 points de base du taux directeur est attendue. La Banque nationale suisse pourrait elle aussi agir de façon inattendue en baissant son principal taux directeur pour freiner la hausse du franc suisse, ce dernier a atteint un nouveau sommet face à la monnaie unique depuis l'introduction de l'euro à 1,4300. Il semble même que la BNS soit déjà intervenue sur le marché lundi matin en achetant de l'EUR/CHF vers 1,4300. La Banque du Japon pourrait de son côté intervenir directement sur le marché des changes en vendant du yen. Une intervention concertée sur le marché des changes de la part des pays du G7 est aussi évoquée par certains spécialistes.

Du point de vue technique, l'EUR/USD est attendu en baisse à 1,2344 ou 1,2212, il pourrait ensuite rebondir à 1,2870 ou 1,3060. L'USD/CHF est attendu en hausse à 1,1835 ou 1,2013, ensuite il pourrait revenir sur 1,1500. L'USD/JPY est attendu en baisse à 84,50, il devrait ensuite rebondir à 98,50. L'EUR/CHF devrait trouver support à 1,4310 ou 1,4120, il pourrait ensuite rebondir à 1,4830 ou 1,5040.