Fannie et Freddie ont probablement été les termes les plus utilisés dans les discussions entre traders ces derniers jours. Les deux géants américains du refinancement hypothécaire avaient subi la semaine passée des ventes massives, entraînant dans leur sillage la baisse du billet vert. L'ancien président de la Fed de St-Louis Bill Poole avait même déclaré que Freddie Mac était en faillite. Mais les autorités américaines ne veulent pas une nouvelle escalade de la crise financière, elles ont annoncé ce week-end un vaste plan d'aide qui a toutefois immédiatement suscité des critiques: c'est le contribuable américain qui va payer... Les Etats-Unis seraient-ils devenus un Etat socialiste? Jusqu'à présent, les récompenses étaient censées aller aux gagnants et les perdants étaient censés essuyer leurs pertes en cas de mauvaise gestion des risques. La réalité est que le Trésor américain et la Réserve fédérale américaine (Fed) veulent maintenir la confiance et la stabilité du système financier et des marchés américains.

Hormis la baisse des bourses, le nouveau record historique du pétrole au-dessus de 147 dollars le baril est un autre facteur qui pèse sans relâche sur le billet vert. Une guerre entre l'Iran et Israël pourrait provoquer une nouvelle flambée du pétrole, ce qui alimenterait davantage l'inflation, à des niveaux déjà élevés.

Par ailleurs, le billet vert n'a pas bénéficié de l'audition du président de la Fed, Ben Bernanke, sur la réforme des règles des marchés financiers devant le Congrès jeudi passé. Ce discours a confirmé que les marchés financiers pourraient être perturbés encore un certain temps. Il a réclamé des règles claires pour liquider les maisons de titres en difficulté. Ben Bernanke devrait donc réorganiser des infrastructures de régulation financière. Concernant la future politique des taux de la Fed, le point sur lequel le marché des changes était attentif, il n'a pas laissé d'indices: «Les députés devraient évaluer les effets économiques des mesures de relance économique adoptées plus tôt cette année avant d'en envisager de nouvelles.» Ce manque de précision et le ton attentiste ont déçu le marché, ce qui a également pesé sur le billet vert.

Pour cette semaine, place aux chiffres économiques américains de première importance! On commence aujourd'hui par les ventes de détail et l'indice des prix à la production, suivis de l'indice des prix à la consommation et de la production industrielle mercredi. Jeudi ce sera au tour des chiffres sur l'immobilier.

Du point de vue technique cette semaine, l'EUR/USD est attendu en hausse à 1,6043 ou même 1,6163, les supports sont à 1,5767 et 1,5707. L'USD/CHF est attendu en baisse à 1,0083, les résistances sont à 1,0258 et 1,0298. Le GBP/USD est attendu en hausse à 2,0123 ou 2,0323, les supports sont à 1,9760 et 1,9692. L'EUR/CHF est attendu en baisse à 1,5990 depuis 1,6263-1,6339.