Face aux marchés financiers qui restent tourmentés, les investisseurs préfèrent se tourner vers les obligations d'Etat américaines, jugées plus sûres que le marché des actions, ce qui entraîne la hausse du dollar. Les monnaies des pays émergents font également les frais du climat de l'incertitude actuelle sur les marchés financiers, le peso mexicain et le rand sud-africain sont à des niveaux les plus bas atteints ces derniers jours face au billet vert. Certaines banques centrales des pays émergents injectent des montants importants pour freiner la baisse de leur monnaie. Nous vivons donc un virage à 180°, ces deux derniers mois. Les investisseurs liquident massivement les positions «carry trades», ce qui entraîne la hausse des monnaies à faible taux de rendement, comme le yen, le dollar et le franc suisse.

Cependant, nous ne pensons pas que la hausse du dollar va se poursuivre éternellement, les récents chiffres aux Etats-Unis confirment la très mauvaise santé de leur économie. Les deux indicateurs publiés vendredi passé illustrent l'impact de la crise financière sur une économie américaine déjà mal en point: le moral des ménages a accusé en octobre une chute inédite depuis les années 1950 et, en septembre, les mises en chantier de logements sont tombées à un plus bas depuis dix-sept ans et demi. La récession américaine devrait être plus dure que prévu. Le sous-secrétaire américain au Trésor, David McCormick, a avoué que l'économie du pays devrait connaître plusieurs trimestres difficiles et ne devrait pas rebondir avant 2010: «Il est actuellement difficile de prédire l'ampleur de l'impact, mais au cours des prochains trimestres, la situation sera sombre», ajoute-t-il.

Actuellement, le marché reste focalisé sur l'incertitude des marchés financiers, ce qui favorise les monnaies à faible taux de rendement. Cependant, nous ne serions pas surpris que les investisseurs se tournent vers les fondamentaux des pays respectifs, et se rendent compte de la situation actuelle aux Etats-Unis. Cela pourrait commencer à peser lourdement sur le billet vert. Si on analyse la paire de monnaies euro contre dollar depuis 2001, on peut la diviser en quatre vagues: la première est la hausse de 0,8225 à 1,3666 (2001 à fin 2004), la deuxième est la correction de 1,3666 à 1,1640 (début 2005 à fin 2005), la troisième est la hausse de 1,1640 à 1,6039 (début 2006 à juillet 2008) et la quatrième est la récente baisse de 1,6039 à 1,3259 (juillet 2008 à maintenant). On en déduit, en se basant sur la théorie d'Elliott, qu'il manque une cinquième vague de hausses à 1,6600 ou même 1,7400... La zone 1,3350-1,3250 est une zone de support importante. Une cassure de 1,2750 remet en cause cette vue à long terme.